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26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 09:03

Lors du dernier conseil communautaire, André Talarmin (Président de la CCPI) a balayé d'un revers de main la demande de l’association APPCL de classement de la plage du Crapaud à Lanildut.

Le motif invoqué est pour le moins fumeux : la plage serait en zone portuaire.

La séquence n'est pas longue et commence à 33'40:

séance_conseil_communautaire_CCPI

 

Pourtant, la démarche a débuté début 2020 et le maire de Lanildut nous avait promis, dans un courrier en date du 24 mars 2021 son « engagement » dans ce dossier:

 

La CCPI, qui mutualise le marché des "profils de baignade", semble donc avoir court-circuité la procédure engagée par le maire de Lanildut (qui était favorable à notre demande.)

 

Qu’est-ce que la zone portuaire de Lanildut au fait ?

Il s’agit d’une vaste zone dans laquelle les bateaux peuvent évoluer mais aussi et surtout une zone protégée, notamment par le SDAGE Loire Bretagne qui y interdit, notamment, tout rejet d’eaux usées traitées...

 

 

La CCPI se range, opportunément, derrière cette notion de zone portuaire pour interdire la baignade aux nombreuses familles qui, depuis toujours, s’adonnent au plaisir simple de la baignade en ce lieu mais s’assoit allègrement dessus quant il s’agit d’y déverser des millions de litres d’eaux traitées à proximité.  (dans l'anse Saint Gildas)

 

Il nous apparaît important, à ce stade, de remettre les points sur les i.

 

Une zone portuaire est une zone protégée mais nullement une zone intégralement interdite à la baignade.

Imaginez le nombre de plages françaises qui se verraient ainsi rayées de la carte !

 

Par contre, que la baignade soit interdite aux alentours du quai Cambarell, lieu de déchargement des goémoniers, ou sur le ponton servant à débarquer les passagers en provenance de Ouessant, il n’y a rien de choquant.

 

 

D’ailleurs, le Plan Local d’Urbanisme de la commune paraît très cohérent en la matière

 

Lien vers le géoportail de l'urbanisme:

Plu_Lanildut-geoportail_urba

 

Ainsi, la zone des ouvrages portuaire est délimitée en rouge par la zone Up, les 4/5 de la plage du Crapaud sont en Nsm (naturelle sensible maritime)

Extraits du règlement du PLU de la commune de Lanildut

 

 

 

Les baigneurs ne se baignent pas du tout à proximité du quai mais plutôt près du rocher du Crapaud comme le montre cette photographie réalisée le 10/07/2021 à 18h

 

Il y a donc fort à parier que la CCPI se réfugie derrière l’argument pour le moins vaseux de baignade en zone portuaire pour interdire aux baigneurs de nager dans les eaux limpides de plage du Crapaud.

 

La raison ne serait-elle pas plutôt sanitaire ?

La CCPI craint-elle que le futur rejet des eaux usées traitées de Saint Dénec, qu’elle veut imposer unilatéralement aux habitants de Lanildut, sous leurs fenêtres et à proximité immédiate de leur plage, ne dégrade dangereusement la qualité de ses eaux de baignade ?

 

Alors non, monsieur le maire et monsieur le président de la communauté de commune, nous n’allons pas abandonner en si bon chemin.

Nous persistons à demander, au nom des usagers de la plage du Crapaud, le référencement de la plage auprès de l’Agence Régionale de Santé.

Pas de zone portuaire qui vaille, la directive européenne 2006/7/Ce est claire ! Ce n’est ni le Préfet, ni le maire, ni aucune autre autorité qui définit les sites de baignade, ce sont… les baigneurs !

 

Nous avons le droit de connaître la qualité des eaux dans laquelle nos enfants se baignent.

 

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17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 08:54

L'ARS répond, dans les colonnes du Télégramme, à la mise en doute des classements des sites de baignade par Eau et Rivières de Bretagne:

 

 

 

Effectivement, la directive européenne sur les eaux de baignade permet d'écarter des prélèvements lors des "pollutions à court terme". 

Personne n'a remis cela en cause, la définition d'une "pollution à court terme" est énoncée dans l'article 2 de la directive 2006/7/CE.


 

Par contre, et c'est ce que les associations dénoncent, on ne peut pas classer une pollution liée à la pluie dans la case "pollution à court terme".

Nous avons réalisé une capsule vidéo qui explique clairement pourquoi:

lien vers une vidéo explicative


 

L'ARS entretiendrait "des échanges réguliers avec les associations".

On pourrait rectifier en disant plutôt "entretenait"... car le dialogue a été rompu quand nos recherches sont devenues gênantes. 

Nous avons même reçu un courrier du Préfet du Finistère (M Lelarge) nous demandant expressément de cesser d'ennuyer l'ARS...


 

Il nous a fallu faire intervenir la CADA (commission d'accès aux documents administratifs) pour obtenir des documents qui devraient être mis à la disposition de tous.


 

Et parmi ces documents que l'ARS refusait de nous donner, l'intégralité des analyses réalisées sur les plages ciblées par Eau et Rivières de Bretagne et les raisons officielles de retrait des analyses révélant des pollutions fécales.


 

Quasi Immanquablement, c'est la pluie qui serait la cause de la pollution... Comme si la pluie, en Iroise, serait porteuse de bactéries !


 

Enfin, l'ARS nous rassure en avançant un pourcentage de 1,1% d'analyses écartées. 

Nous n'avons aucun moyen de vérifier ce chiffre et cela n'aurait que peu d'intérêt. En effet, il suffit parfois d'une seule analyse écartée sur 4 années de prélèvement pour faire passer un site de baignade d'"insuffisant" à "suffisant" voire "bon".

Il faut bien comprendre que le calcul du classement de la plage est un calcul statistique basé sur 2 critères mathématiques:

  • La moyenne

  • l'écart type

Pour ceux qui maîtrisent les statistiques, l'écart type est à peu de choses près la différence entre les pires valeurs et la moyenne des valeurs.

Si vous éliminez artificiellement une seule valeur, la pire de toutes, votre écart type dégringole très vite. Votre classement s'améliore opportunément.


 

Calcul des percentiles 90 et 95 (qui déterminent le classement des sites de baignade : Annexe II de la directive 2006/7/CE)

 

Les associations demandent donc de recalculer les classements, depuis celui de 2017, en rétablissant les analyses écartées pour une mauvaise raison et en écartant les analyses de recontrôle qui les ont remplacées... (ça, l'ARS n'en parle pas dans son communiqué !)

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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 08:39

Et oui, il ne viendrait à l’esprit de personne d’utiliser le thermomètre suivant :

Il indique encore une valeur, certes, mais son mercure n’atteindra plus jamais les 38°C…

Nous voilà rassurés, nous n’aurons plus jamais de fièvre !

 

L’analogie est pertinente pour évoquer les classements annuels des eaux de baignade en Bretagne.

 

APPCL dénonce, depuis bien longtemps, des manœuvres, pour le moins douteuses, qui aboutissent à fausser les classements des eaux de baignade de la Côte des Légendes.

 

Eau et Rivières de Bretagne, dont notre association fait partie, s’est saisie du sujet courant 2019.

Un groupe de travail a été créé et nos recherches ont débouché, à l’été 2020, sur une plainte auprès de la commission européenne contre la France.

En effet, le non respect de la directive européenne 2006/7/CE, dite directive « eaux de baignade », nous est apparu évident.

Il faut croire que notre dossier a également surpris la commission puisqu’elle s’en est aussitôt saisi.

 

Nous y dénoncions notamment la mauvaise interprétation de la notion de « pollution à court terme ».

Cette disposition est prévue par la directive européenne, pour écarter les événements accidentels (exemples : troupeau de vaches en divagation sur la plage, tracteur qui se renverse avec sa tonne à lisier qui se déverse dans le ruisseau, rupture d’un poste de relevage du réseau d’assainissement collectif…)

 

En Bretagne, la pluie était considérée comme la source des pollutions des plages

 

Bien sûr, il ne pleut pas des bactéries (pas encore du moins).

Bien sûr, la pluie ne peut pas être considérée comme un événement accidentel.

La pluie, même rare en saison estivale (si si), n’est que le révélateur de la pollution chronique des bassins versants des plages.

La preuve, quand il pleut, les maires concernés ferment simultanément plusieurs plages de leurs communes alors que chaque bassin versant est indépendant. C’est bien que la pollution est intimement liée au ruissellement des sols et donc à ce que l’on y déverse.

 

Jusqu’en 2020, l’ARS Bretagne considérait qu’il suffisait que la plage soit fermée préventivement par le maire, lors des événements pluvieux, pour admettre que les mesures de gestions adéquates étaient mises en place. Dès lors, considérant qu’une pluie était un événement accidentel, elle écartait quasiment toutes les analyses révélant des pollutions.

Pire encore, nous avons démontré qu’en Iroise, l’ARS remplaçait les analyses mauvaises par celles qui servaient à rouvrir les plages (analyses dites de recontrôle).

Or, ces dernières sont nécessairement au moins satisfaisantes.

(voir l’exemple en bas de page)

 

Si on enlève les mauvaises pour les remplacer par des bonnes… on a peu de chance d’obtenir une information sincère sur la qualité de l’eau !

 

Imaginez un professeur de mathématiques, navré par les notes de ses élèves. Pour se rassurer, il pourrait choisir de retirer les mauvaises notes pour les remplacer par celles obtenues après correction. Pourquoi pas… s’il fait profil bas.

Mais si ce même professeur décide se fasse mousser auprès de ses collègues et de sa hiérarchie en arborant ses moyennes de classe flatteuses, la situation devient alors grotesque.

 

C’est un peu se qui se passe en ce début d’été.

Certains maires s’appuient sur l’évolution positive des classements de l’ARS pour démontrer que l’état des eaux des plages s’améliore.

L’ARS, elle même, dans les colonnes du Télégramme annonce fièrement : « Au niveau régional, "la tendance est nettement à l'amélioration" »

 

Peut-on encore utiliser le thermomètre de l’ARS ?

 

Le détournement décelé par Eau et Rivières de Bretagne démontre que les classements sont faussés depuis 2016.

Suite à notre plainte de 2020, l’écartement des analyses mauvaises liées à la pluie a cessé.

(une sorte d’aveu)

Mais comme les classements annuels des sites de baignade sont calculés à partir des analyses retenues lors des 4 dernières saisons balnéaires, les classements de 2017, 2018, 2019, 2020 sont à revoir et les futurs classements de 2021, 2022 et 2023 sont d’ors et déjà faussés.

 

C’est pourquoi Eau et Rivière a demandé à l’ARS, en mai 2021, de reconsidérer ses classements, en réintégrant, dans le calcul statistique, toutes les analyses mauvaises écartées indûment et en faisant disparaître les analyses de recontrôle qui n’avaient rien à y faire.

 

Nul doute que les beaux classements de certaines plages y perdraient de leur superbe.

 

Nous entendons déjà les esprits chagrains accuser les associations de vouloir faire fuir le touriste… mais franchement, pouvons nous continuer ainsi avec des plages fermées préventivement dès qu’une averse se présente et nous contenter de classements auxquels plus personne ne croit.

Nous vivons ici et profitons de la mer toute l’année, nous avons le droit de connaître l’état réel des eaux de notre plage préférée.

 

La directive européenne « eaux de baignade » est un bien maigre indicateur de l’état des eaux (rien sur les pesticides, rien sur les pollutions aux micro-plastiques, rien que nos deux bactéries témoins E.Coli et entérocoques).

 

En dénaturant le texte européen, la France a, in fine cassé son thermomètre.

Eau et Rivière de Bretagne demande simplement qu’on le répare afin de permettre à tous de disposer de classements des sites de baignade fiables.

 

Un exemple vaut souvent mieux qu’un discours :

 

Landunvez plage de Gwisselier : saison 2018. Voici un extrait du bilan reconstitué par les associations.

  • Noter que 2 épisodes de pollution bactérienne ont eu lieu durant la saison.
  • Noter aussi les dates des analyses suivantes. (2 jours plus tard)

 

Voici maintenant la page officielle du ministère de la santé concernant l'été 2018  sur cette plage

site du ministère de la santé / Gwisselier 2018

 

  • Noter qu’aucune pollution n’apparaît dans le bilan de l’été 2018.
  • Noter également que les analyses du 7 juin et du 5 juillet sont elles bien présentes.

 

Eau et Rivières de Bretagne a réussi, de haute lutte et après intervention de la CADA (commission d’accès aux documents administratifs) à obtenir de l’ARS des documents accablants.

Tout d’abord, le vrai bilan de l’été 2018 à Gwisselier. Celui comportant toutes les analyses réalisées.

Le voici:

 

Ensuite, les justifications de l’écartement des analyses révélant les deux pollutions:

 

D’une part, les motifs de retrait sont loin d’être valables et d’autre part, la directive européenne 2006/7/CE interdit explicitement d’introduire les analyses dites de recontrôle dans le bilan estival. 

Ceci est aisément compréhensible car ces analyses permettent de rouvrir la baignade; elles sont de facto au moins satisfaisantes..

 

L’ARS a retiré 2 mauvaises analyses mauvaises, c’est déjà une pratique bien étrange mais les a remplacées par 2 bonnes... là, c’est clairement illégal.

 

Gwisselier 2018 n’est qu’un exemple. Le groupe de travail « eaux de baignade » d’ERB a relevé bon nombre de cas similaires dans le Finistère entre 2016 et 2019 et demande à l'ARS de reconsidérer ses classements erronés.

Nul doute qu'avec des classements sincères, les autorités seront plus promptes à s'occuper des causes des pollutions et d'enfin gérer les sites de baignade comme le demande la directive européenne.

 

Gérer, c'est reconquérir la qualité de l'eau et non seulement retirer les baigneurs de l'eau quand il pleut.

 

Comparons deux cartes et laissons libre cours à notre esprit de déduction:

 

 

Y aurait-il un lien de cause à effet ?

Ou alors ce sont les systèmes d’assainissement des mêmes zones qui seraient à revoir, alors que partout ailleurs tout va bien ?

Ou alors, ce sont les goélands qui ont choisi exactement les mêmes zones (pas de chance tout de même) pour se soulager sur les toits...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 14:05

Le Télégramme du 22 juin 2021

 

Notre association APPCL ne se mêle pas de politique mais s’occupe notamment d’eau et d’assainissement.

Nous sommes donc légitimes lorsque les politiques se mêlent de parler d’environnement, surtout quand leur communication est en décalage complet avec leurs actions.

 

Nous nous interrogeons donc sur l'intérêt d'un tel article et cette photo présentant au centre M Mounier, candidat en lice pour le second tour du scrutin départemental .

 

La vérité est un peu différente de celle que présente cet article…

 

Extrait 1 : « Le Syndicat a réuni les différents responsables dans une série de quatre commissions thématiques sur le terrain, afin d’informer les élus locaux sur les enjeux liés à la gestion et la protection de l’eau. »

Pourquoi une telle couverture médiatique sur ce thème alors que les 3 autres « commissions thématiques » ont été ignorées ?

Il aurait été bon de rappeler que M Mounier occupe déjà les sièges de Maire de Saint-Renan, vice-Président de la CCPI en charge de l’aménagement du territoire, vice-président de la CLE (commission locale de l’eau) et du SEBL (syndicat des eaux du Bas Léon) et cherche encore à élargir son influence sur la gouvernance locale en s’installant aussi au conseil départemental.

 

La qualité de l’eau et des milieux aquatiques, qui est le cœur du combat de notre association, ne peut servir de faire valoir électoral pour le candidat de la CCPI, alors que cette dernière a démontré, à tant de reprises, son désintérêt voire son aversion pour les sujets écologiques.

 

 

Extrait 2 :

« Cette rencontre était dirigée par Christophe Bèle, président de la Commission locale de l’eau (CLE) et Lucien Kérébel, vice-président de Pays d’Iroise Communauté chargé des milieux aquatiques et de la biodiversité. Ils ont mis l’accent sur le bon état écologique des cours d’eau, de la gestion des milieux et de la protection des espèces en voie de disparition (anguille, saumon). »

 

De qui se moque t'on ? L’information que l'on vous a rapportée ainsi qu'aux élus est mensongère

De nombreux rapports démontrent au contraire que la qualité des eaux du secteur Iroise est plus que préoccupante voire affligeante.

Qu’il s’agisse de qualité des eaux de baignade, de qualité bactériologique des ruisseaux côtiers, de molécules pesticides contenues dans les eaux… rien ne va bien dans le meilleur des mondes?

Prétendre le contraire c’est de la désinformation.

D’ailleurs, qu’attendre des 3 « personnalités » citées dans l’article qui n’ont aucune compétence connue dans le domaine de l’environnement, mais qui toutes sont liées directement au secteur de l’élevage… Secteur économique qui n’est pas étranger à l’état déplorable des eaux bretonnes.

 

Le lecteur mérite la vérité : par exemple, l’étude Labocéa de 2018 confirme une très forte concentration de pesticides dans les ruisseaux côtiers du Bas Léon, largement au dessus des seuils autorisés. !

 

Quant à la « gestion et la protection des espèces en voie de disparition (saumon, anguilles…) », comment parler de « protection » alors que la CCPI poursuit l'implantation d'un rejet des eaux usées de la Station de Traitement de Saint Dénec (Porspoder/Landunvez/Lanildut…) dans l’aber Ildut ! Au beau milieu du site le plus protégé de tout le pays d’Iroise. Zone Natura 2000 directive oiseaux, Natura 2000 directive habitats, zone ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt Faunistique et Floristique!), zone conchylicole et haut lieu de passage des saumons et anguilles !

Or il est acquis que « Les stations d’épuration des eaux usées ne sont pas conçues pour éliminer les résidus pharmaceutiques. On trouve des produits pharmaceutiques et des produits chimiques de soins personnels dans les eaux marines et côtières, ainsi que dans les rivières et les cours d’eau. » rapport IPEN et NTN Networks avril 2021 ;

 

Pour la CCPI, reconquérir la qualité écologique des cours d’eau s’apparente plutôt à dépenser de manière visible des millions d’euros pour mettre des tuyaux dans le sol, pour réaliser de gros travaux publics... l’objectif étant surtout de communiquer à tout-va sur les sommes dépensées tout en essayant de passer sous silence l’état lamentable de la ressource en eau.

 

L’article du jour pourrait laisser penser que le Télégramme a délibérément choisi son champion, ce qui, je l’imagine n’est pas le cas… mais mettre ainsi en avant la communication du candidat, Maire, vice psdt...etc. G Mounier relève de la propagande électorale, la ficelle est un peu grosse…

D’autant qu’il s’agit, dans le cas précis, d’une manœuvre interdite par la loi.

 

 

 

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21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 11:29

Notre association a participé à l'enquête publique concernant les éoliennes de Porspoder.

Nous avons déposé un épais dossier très pointu et argumenté.

Il nous a été reproché, par certains, de ne pas être assez virulents ou vindicatifs contre ce projet.

Et pourtant, force est de constater que nos conclusions sont celles du commissaire enquêteur qui a rendu sa copie cette semaine.

« C’est pourquoi j’émets un avis défavorable à la demande d’autorisation environnementale présentée par la société SARL PARC EOLIEN DE PORSPODER(Groupe ERG)ayant son siège social 16 boulevard Montmartre, 75009 PARIS, pour le projet visant à la création d’un parc éolien sur le territoire de la commune de Porspoder . »

En tant qu'association environnementale, il nous était difficile de dénoncer frontalement la technologie éolienne ou même le choix de l'éolien en France. Il était également hors de question d'utiliser, en connaissance de causes, certains arguments pour le moins critiquables scientifiquement.

 

Et pourtant, nous partageons le constat final que le projet d'implantation de 3 éoliennes de 138,5 m (en haut de pales) en ce lieu est tout sauf une bonne idée.

 

Et c'est précisément la question qui nous était posée à l'occasion de cette enquête publique.

 

Si le porteur de projet avait pour objectif de gonfler les troupes des anti-éoliens, il ne s'y serait pas pris autrement.

 

En effet, la taille des machines, le site d'implantation au beau milieu des mégalithes, au cœur de zones humides et des sources des rivières côtières, le montage financier qui n'intéresse quasiment personne dans le secteur… la saturation visuelle… L'atteinte aux paysages côtiers remarquables de Landunvez, Porspoder ou Lanildut...

toutes les cases sont cochées pour remonter la population locale qui, pourtant, avait plutôt bien accepté les autres projets éoliens en Iroise.

 

Si la contribution d'APPCL est citée à 12 reprises dans les conclusions du commissaire enquêteur. C'est que notre position éclairée et sincère a été payante.

 

Lien vers les conclusions du commissaire enquêteur

 

Autre dossier dans lequel APPCL s'est mis en avant, celui de l'antenne de téléphonie mobile Orange de Mesdoun.

 

Toujours dans le même secteur de l'arrière pays porspodérien, l'entreprise Orange veut implanter une antenne de téléphonie mobile incongrue et inutile.

 

L'entreprise tente de tromper son monde en arguant du fait qu'il s'agirait d'une antenne 4G pour améliorer le réseau… mais ne soyons pas dupes, il s'agit bien de déployer une multitude d'antennes de ce style (50 m de haut) pour déployer la 5G.

 

Couverture du réseau 4G Orange  (site de l'ARCEP) aucune zone blanche en Iroise

 

Un nouveau pylône vient d'être érigé à Brélès , d'autres sur les hauteurs de Plouarzel, de Lanrivoaré…

Le projet landunvézien (au dessus de Penfoul) a été stoppé pour un temps par une habitante valeureuse et voilà celui Porspoder nous arrive...

 

Cette technologie 5G, particulièrement énergivore, n'a pourtant strictement aucun intérêt dans nos communes littorales.

Elle ne sert qu'à améliorer le flux vidéo sur les téléphones mobiles non reliés aux box internet.

En résumé, cette technologie permettrait de regarder Netflix à la plage et c'est tout !

 

L'impact paysager de ces antennes, qui sortent de terre tous les kilomètres sur tout le territoire français, est pour le moins préoccupant. Sans compter l'impact sanitaire pour les riverains.

 

APPCL a déposé un recours gracieux au maire de Porspoder contre l'antenne mobile de Mesdoun.

Ce dernier n'ayant pas pris le temps de répondre, nous avons déposé une requête auprès du Tribunal Administratif de Rennes.

 

Les recours se multipliant, un peu partout en zone littorale, un avis du conseil d’État a été sollicité.

La plus haute juridiction vient de rendre son avis le 11 juin 2021 et il est pour le moins clair et net :

 

« 

Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu ne permettre l'extension de l'urbanisation dans les communes littorales qu'en continuité avec les agglomérations et villages existants et a limitativement énuméré les constructions, travaux, installations ou ouvrages pouvant néanmoins y être implantés sans respecter cette règle de continuité. L'implantation d'une infrastructure de téléphonie mobile comprenant une antenne-relais et ses systèmes d'accroche ainsi que, le cas échéant, les locaux ou installations techniques nécessaires à son fonctionnement n'est pas mentionnée au nombre de ces constructions. Par suite, elle doit être regardée comme constituant une extension de l'urbanisation soumise au principe de continuité avec les agglomérations et villages existants au sens de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Il en va de même dans la rédaction qu'a donnée la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique au premier alinéa de cet article, qui dispose depuis lors que : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. " »

Ainsi, l'implantation d'une antenne mobile, en zone littorale, est illégale si elle n'est pas en continuité des agglomérations.

En d'autres termes, il est illégal de déployer ces antennes disgracieuses au beau milieu des paysages remarquable côtiers. La loi littoral doit s'appliquer à l'instar des autres constructions.

 

Il va falloir maintenant veiller à ce que la puissance de frappe des opérateurs de téléphonie mobile ne réussisse pas à faire modifier la loi littoral. En effet, c'est cette loi qui a permis de préserver si difficilement nos paysages depuis 35 ans.

Si cela venait à arriver, il s'agirait d'un scandale qui collerait comme un post-it sur le front de celui qui oserait remettre en question cette loi si durement acquise contre vents et marées (et surtout contre les promoteurs divers et la puissance de l'argent roi).

 

Pas de nouvelles fraiches dans le dossier du rejet des eaux usées traitées au cœur de Lanildut. Mais soyez rassurés, les procédures judiciaires en cours sont bien vivantes et nous œuvrons sans relâche pour qu'une vraie enquête publique soit enfin diligentée dans ce dossier idiot et dangereux.

 

Ne croyez pas les gros menteurs qui usent de leurs fauteuils hauts placés pour vous raconter vraiment n'importe quoi dans ce dossier... Cela finira, tôt ou tard, par les éclabousser.

 

 

 

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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 15:38

Nos scénaristes préférés de la CCPI nous ont fourni suffisamment de matière pour écrire un roman sur l'affaire du rejet des eaux usées à Lanildut.

Pour ne pas perdre nos fidèles lecteurs, nous choisissons, comme c’est souvent le cas dans les bonnes sagas, de proposer un épisode sous forme de Best-of.

Cet épisode 3 ne retracera pas les meilleurs moments de la procédure judiciaire ou ceux des travaux pour le moins douteux… non, notre best of sera celui des plus beaux mensonges de la CCPI.

La liste est loin d'être exhaustive !

Ces mensonges ont tous directement ou indirectement permis de mener le Préfet en bateau.

La CCPI a émis tant de contre-vérités pour éviter l’évaluation environnementale indépendante et l’enquête publique qu’il nous est apparu important de vous en proposer une petite sélection …

Si les services du Préfet pouvaient nous lire… ils pourraient alors apprécier à quel point notre communauté de commune préférée les a roulés dans la farine.

 

 

  • De faux objectifs environnementaux pour verdir des travaux inutiles.

    La plage de Melon n’est pas le site dangereusement pollué décrit par la CCPI pour justifier le projet.  (Voir la fiche descriptive de la plage sur le site de l’agence régionale de santé. lien_site_ministère_santé_Melon )

    Le seul intérêt de ces travaux, à plus de 2 millions d’euros, n'est pas écologique, il est administratif. Il permet de cocher une case dans le dossier administratif. (la station de traitement de Saint Dénec n’a jamais été aux normes, notamment à cause d’une solution de rejet provisoire depuis le début)

 

 

Il n’y a donc aucune urgence écologique à déplacer le rejet des eaux traitées vers Lanildut, d’autant que la zone du futur rejet s’avère la plus sensible et la protégée de tout le secteur !

 

  • Dossier de déclaration d’avril 2018 entièrement mensonger dans le but d’éviter la procédure d’autorisation (évaluation environnementale indépendante + enquête publique)

    • Une présentation environnementale mensongère

      Un seul paramètre bactériologique (E.coli) a été mesuré à 2 reprises seulement dans le ruisseau de Traon Meur… au mois de décembre  !

      Une étude minimaliste de dispersion du panache bactérien a été réalisée mais avec des paramètres plus que douteux.

      Rien concernant les micro plastiques, rien concernant les résidus médicamenteux, rien concernant les polluants chimiques…  lien_étude_IPEN_NTN_Network   (pages 48 à 50)   

 

Trop facile de conclure que le projet n'aura pas d'incidence si on ne se donne pas la peine de dresser un diagnostic sincère du site qui sera l'exutoire des eaux usées traitées !!!​​​​​​​

 

  • Pas de parcelles pour l'aspersion ! Selon la CCPI, il n’y aurait aucune terre dans tout le secteur pouvant permettre une solution de rejet par aspersion (solution que va imposer la réglementation européenne dès 2023). Or, au détour d’un dossier d’étude d’impact datant de 2013, on trouve une étude (Lith’eau 2011) dans laquelle une parcelle a été étudiée et cette parcelle était parfaitement apte à recevoir les eaux.

    Étrangement, ce dossier n’est jamais parvenu entre les mains des services du Préfet… Ces terres sont depuis devenues des parcelles idéales pour épandre le lisier...

​​​​​​​

​​​​​​​Quand on ne veut pas entendre parler d'une solution, on annonce partout que les "spécialistes" la rejettent... C'est faux ! Des terres capables d'accueillir une solution de réutilisation des eaux traitées existent... Mais le lobby qui nous gouverne ne veut pas perdre 1cm² de terre d'épandage. (1 ha de maïs = 40 tonnes de lisiers à épandre)

 

  • Une présentation du site de rejet mensongère.

    Aucune allusion aux habitants de Lanildut, seuls les habitants de Porspoder sont évoqués. Pourtant, le rejet est prévu au cœur de Lanildut !

    Le rejet, selon la CCPI, ne se ferait ni en zone Natura 2000, ni en zone ZNIEFF, ni en zone conchylicole, il n’y aurait pas de plages, pas non plus de zone portuaire… et pas de parc marin.

     

L'anse Saint Gildas serait donc une vulgaire vasières perdue au milieu de nulle part et dénuée du moindre intérêt écologique... En fait, c'est le secteur le plus fragile et le plus protégé de toute la côte !

 

    • Des paramètres physiques faussés.

      Le débit de l’Ildut, choisi pour l’étude de la dilution du rejet, est grandement surévalué. En effet, la CCPI a choisi, comme référence, le débit moyen annuel de la rivière. Or, en août, par exemple, quand la population raccordée à la station de traitement est maximale, le débit est trois fois moindre que le débit moyen annuel.

      Le débit du rejet est lui grandement sous évalué. En effet, toute l’étude technique est basée sur un temps de rejet de 3 heures (de pleine mer à PM + 3h). Il s’avère que la CCPI annonce dorénavant un rejet durant 2 heures seulement et que nos études montrent que le rejet ne serait possible que par coefficient de marée supérieur à 60 et qu’il n’atteint quasiment jamais ces 2 heures.

      Si vous rejetez un volume d’eau identique pendant une durée nettement moindre, vous augmentez automatiquement le débit de ce rejet !

       

D’une part le débit de la rivière devant disperser le rejet est fortement sur évalué et d’autre part, le débit du rejet est, lui, grandement sous évalué… Les conclusions de l’étude ne peuvent qu’être faussées.

 

  • Le « porté à connaissance » de juin 2018 a été rédigé pour tromper les services du Préfet.

    Il s’agit d’un simple courrier modifiant le tracé de la canalisation de rejet avec une phrase lourde de conséquences. Extrait : « Les tracés 1 bis et 2 bis sont abandonnés. Ils sont remplacés par deux nouveaux tracés excluant les zones humides (plan annexé au présent courrier). »  

    En fait, le nouveau tracé traverse toutes les zones humides du secteur et même deux rivières.

 

Le tracé bleu a été placé par nos soins

 

Le plan annexé à ce courrier envoyé au Préfet ne comporte ni les zones humides, ni même les rivières !

 

​​​​​​

Circulez M le Préfet, il n'y a rien à voir, vous pouvez regarder ailleurs! Vous nous avez permis de traverser la campagne en évitant les zones humides... Nous, à la CCPI, on se fiche pas mal des zones humides, on vous impose un nouveau tracé entièrement différent, qui traverse tous les secteurs protégés du secteur.

  

  • Un second « porté à connaissance » ( juillet 2020 ) tout aussi malhonnête

    La police de l’eau a stoppé le chantier en mai 2020 en constatant que les travaux prévus étaient d’une part très dangereux (risques d’inondation majeur) et d’autre part traversaient allègrement la zone humide située au fond de l’anse Saint Gildas à Lanildut.

    La CCPI y expose une modification du projet sur les 500 derniers mètres afin de rendre la nouvelle canalisation de rejet entièrement indépendante de la canalisation actuelle (celle qui permet au ruisseau de Traon Meur de rejoindre la mer.)

    Afin de démontrer l’innocuité du rejet, la CCPI continue de manipuler la préfecture en produisant une étude faussée car hors contexte.

    Pour démontrer que le panache du rejet ne s’accumule pas dans l’anse Saint Gildas, la CCPI a choisi de produire des extraits d’une étude Actimar mais les conditions du rejet sont fausses.

    En effet, les extraits produits correspondent à une marée basse, quand il n’y a pas d’eau dans l’anse.

    Or, le rejet n’est possible que quand il y a de l’eau au-dessus de la canalisation de rejet.    En fait, L’étude Actimar montre rigoureusement l’inverse de ce que le "porté à connaissance" laisse entendre au Préfet.

​​​​​​​

Extrait du porté à connaissance de juillet 2020 (voir la petite ligne en bleu… « morte eaux » et le moment de la marée (point rouge → Pleine mer + 3h) : il n’y a pas d’eau dans l’anse !

 

Voici l’extrait qui aurait dû être produit :

 

Les conditions annoncées par la CCPI pour rejeter les eaux traitées à Saint Gildas sont les suivantes : De pleine mer à PM+ 2h lors des marées de vives eaux.

Il suffit de comparer le panache coloré de ce document avec celui illustrant le porté à connaissance envoyé au Préfet pour apprécier la manipulation intellectuelle de la CCPI envers la préfecture.

 

Regardez, M le Préfet, le panache n'impacte pas l'anse Saint Gildas...

Facile, il n'y a pas d'eau dans l'anse sur l'image choisie !

 

  • Une lettre du Président de la CCPI pour contraindre le Préfet à signer un nouvel arrêté.

    Si les deux procédures en référé ont coûté une fortune en frais d'avocat aux associations, elles n’ont pas pour autant convaincu la juge de se prononcer clairement… elles ont toutefois eu le mérite d’obtenir deux choses primordiales.

    La première est la reconnaissance que les travaux ont intégralement été réalisés sans la moindre autorisation valable. (l’arrêté préfectoral étant caduc depuis 2019)

    La seconde est que les associations ont entièrement raison de dénoncer l’atteinte à la zone Natura 2000 et au site hyper protégé de l’aber Ildut… mais le rejet se ferait non pas dans l’anse Saint Gildas mais dans une buse située à 90 m en amont et qui finit… dans l’anse !!!!

    Sentant que son projet idiot était en train de lui claquer entre les mains, le Président de la CCPI a pris sa plume et a tenté un énième coup de bluff en direction du Préfet.

     

    « Monsieur le Préfet, les méchants écolos nous embêtent, ils nous empêchent de construire notre canalisation comme on le veut, pouvez-vous nous signer un nouvel arrêté ? Ah oui, au fait, il faudrait aussi modifier un truc, vous allez oublier le dernier « porté à connaissance » qu’on vous a envoyé en 2020, celui avec la canalisation indépendante. On va revenir à la toute première solution concernant l’anse Saint Gildas, oui, celle de 2018… merci»

     

Sans le préciser, la CCPI demande au Préfet de s’asseoir sur les avis défavorables de ses services (DDTM de novembre 2020 et rapport de la police de l’eau de mai 2020)

 

 

La CCPI a, depuis le début de cette affaire, usé de procédés pour le moins douteux pour éviter la procédure dite d’autorisation. (évaluation environnementale indépendante + enquête publique)

Elle s’est engouffrée pour cela dans une brèche administrative rendue possible par un décret du 4 juin 2018.

Le conseil d’État vient de taper du poing sur la table en avril dernier en annulant ce décret controversé !

Tout dans ce dossier montre à l’évidence qu’une étude environnementale indépendante s’impose.

La brèche administrative étant refermée, nous osons croire que des gens sérieux et compétents vont enfin se pencher sur le dossier et constater l’ineptie.

 

Voilà pour la saison 1 de notre saga printanière. Nous espérons pouvoir vous proposer une saison 2 dans laquelle la vérité éclatera au grand jour. Une saison où les gentils gagnent à la fin... ce serait tellement bien pour nos lecteurs, et pour la nature....

 

 

 

 

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 18:09

Nous vous avions laissés, suite à l’épisode 1 de notre saga printanière consacrée au rejet des eaux usées traitées à Lanildut, avec un dossier de déclaration entièrement bidonné.

D’ailleurs, pourquoi a-t-il été rédigé ainsi ? Tout simplement pour s’engouffrer dans une brèche administrative.

 

En effet, la procédure qui aurait dû être suivie et celle de l’autorisation préfectorale.

Une telle procédure implique la réalisation d’une évaluation environnementale indépendante (par l’autorité environnementale) et la tenue d’une enquête publique dans les mairies concernées. (Porspoder pour la station de traitement et surtout Lanildut pour le rejet!!!)

 

La CCPI n’aurait jamais pu obtenir gain de cause pour rejeter les eaux traitées à Saint Gildas par ce biais.

Notamment car le SDAGE* Loire Bretagne interdit les rejets dans les zones portuaires, car tout rejet doit se faire en dessous de laisse de basse mer, car le site choisi pour le rejet est une zone doublement classée Natura 2000, car le rejet se ferait en zone ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt environnemental faunistique et floristique), car il impacterait le parc marin d’Iroise, la zone conchylicole de Porscave, les plages de Lanildut…

 

De plus, contrairement à ce qu’a laissé entendre la CCPI dans son dossier de déclaration, il y a des habitants à Lanildut, il y a même des gens qui vivent et travaillent autour de l’anse Saint-Gildas !

 

Ce fameux dossier de déclaration d’avril 2018 a donc été entièrement rédigé de manière à éviter la

procédure d’autorisation pour le moins contraignante. C’est la procédure de déclaration qui a été choisie (à tort). Cette procédure est en principe réservée aux projets mineurs, et le préfet peut après analyse de ses services l’accepter par un simple récépissé, accompagné ou non de prescriptions spécifiques.

 

Sur la base de ce dossier où figurait, comme option retenue, un tracé qui évitait toutes les zones humides, le Préfet du Finistère, en poste en 2018, a produit un arrêté autorisant les travaux de « mise en conformité de la STEP de Saint Dénec » et le déplacement du rejet des eaux traitées.

 

Il a été trompé par la CCPI.

 

Nous n’avons pas encore compris les motivations qui ont mené la CCPI, dès juin 2018 (2 mois seulement après le dépôt de son dossier ), a adresser au Préfet un « porté à connaissance »**.

Nous venons à peine d’obtenir communication de ce document jusqu’alors jalousement gardé secret (en mai 2021 !)

Ce courrier de deux pages informe les services du Préfet que le tracé étudié dans le dossier de déclaration sera modifié. Extrait : « Les tracés 1 bis et 2 bis sont abandonnés. Ils sont remplacés par deux nouveaux tracés excluant les zones humides (plan annexé au présent courrier). »

 

En guise de plan annexé à ce courrier, une vulgaire vue satellite sur laquelle n’apparaissent ni les zones humides, ni les rivières !

 

Ce « porté à connaissance » a donc à nouveau trompé les services du Préfet.

 

En effet, si la CCPI avait réutilisé la carte servant de support dans son dossier de déclaration, au lieu de cette vue satellite, le Préfet aurait vu, en un clin d’œil, que toutes les zones humides du secteur allaient être traversées (et même deux rivières !)

On peut d’ailleurs s’étonner que ses services n’aient pas détecté la supercherie.

Nous avons reporté en bleu le tracé réalisé sur le document initial, celui présenté dans le dossier de déclaration d’avril 2018 (en rouge le tracé indiqué dans la déclaration initiale adressée à la préfecture)

 

La canalisation traverse à 6 reprises des zones humides et même deux ruisseaux !

Document produit dans le « porté à connaissance » de juin 2018 : on n’y voit ni les zones humides ni les ruisseaux

 

C’est en l’état que nous avons découvert, au printemps 2020, au sortir d’un long confinement, que les travaux réalisés n’avaient rien à voir avec ceux étudiés dans le dossier de déclaration.

(voir nos articles de l’époque)

 

Quel besoin la CCPI avait-elle donc de réaliser, en toute urgence, ce chantier, alors que les témoins gênants étaient enfermés chez eux ?

Sûrement pas la date de validité de l’arrêté préfectoral puisque ce dernier était caduc depuis 2019 !

Sûrement pas l’état présenté comme désastreux de la plage de Melon puis que cette dernière est en fait classée en état « bon » par l’ARS.

Sûrement pas non plus la solution de rejet actuelle qui est en œuvre depuis près de 20 ans sans avoir causé la moindre pollution majeure.

 

Découvrant que le chantier en cours n’avait absolument rien à voir avec celui étudié et que les engins de chantier étaient en train de défoncer la campagne et les zones humides, les associations ont demandé une inspection de la police de l’eau.

 

Les inspecteurs diligentés sur place ont découvert une situation bien loin du tableau idéal dépeint par la CCPI.

Le chantier a été arrêté « en attendant de trouver une solution acceptable sur les 500 derniers mètres de la canalisation ».

 

De forts risques d’inondation d’eaux usées traitées ont été soulevés à cette occasion.

 

Et oui, car si vous lâchez de l’eau dans une canalisation avec un dénivelé de 16 mètres, il y a de fortes chances qu’elle acquière de l’énergie !

(les schémas suivants ont été réalisés par nos soins)

Ce risque d’inondation a d’ailleurs été relevé par les services de la CCPI eux-mêmes, la DDTM et l’équipe municipale de Lanildut, en place en 2018.

Cette solution de rejet, appelée solution a), a donc été écartée en novembre 2020 par un avis défavorable de la DDTM (police de l’eau).

Afin d’éviter les inondations d’eaux traitées, la solution trouvée, en première intention, a été la pose d’un clapet entre le ruisseau de Traon Meur et la canalisation.

 

La pose d’un clapet n°2 empêcherait, certes, les eaux traitées de remonter par le ruisseau mais le risque d’inondation (moindre) demeure lorsque le débit du Traon Meur est important et que le clapet n°1 est sous le niveau de la mer (celui qui empêche la mer de remplir le parking Saint Gildas à marée haute)

 

Cette solution b ) a également reçu un avis défavorable de la DDTM en novembre 2020 pour

risque d’inondation de la rivière de Traon Meur. Cette dernière ne pouvant plus rejoindre la mer au

moment où le rejet d’eaux usées traitées se fait.

 

Voilà pourquoi, en juillet 2020, la CCPI a envoyé au Préfet un nouveau « porté à connaissance »**.

Ce document est tout aussi malhonnête que les précédents (nous ne rentrerons pas dans le détail…)

Une solution c) y est présentée.

Pour éviter les risques d’inondation, la CCPI a choisi de percer une canalisation entièrement indépendante de la buse qui permet au ruisseau de rejoindre la mer.

Cette solution implique de creuser la digue et d’y installer un nouveau clapet sur le perré.

 

L’idée est techniquement séduisante mais un bel os est venu doucher les espoirs de laCCPI.

L’avis favorable de la DDTM a bien été délivré pour cette solution c) mais il a été émis sous réserves. Et parmi ces réserves, la nécessité de réaliser une évaluation environnementale !!!

Cette solution c) aurait toutefois le mérite d’écarter le risque d’inondation sans pour autant résoudre les atteintes à l’environnement.

 

Suite aux référés déposés par les associations Eau et Rivières, AEPI et APPCL et jugés en avril 2021, la caducité de l’arrêté préfectoral de 2018 a été mise en évidence. D’autre part, il y a été établi que si le rejet se faisait sur l’estran, une étude environnementale était automatiquement nécessaire. Or, c’est exactement ce que la CCPI fuit depuis le début de cette affaire grotesque, consciente que son beau projet n’y résisterait pas.

 

Catastrophe !!! que faire ???

 

Une énième manipulation bien sûr !

 

Le président de la communauté de commune a écrit au Préfet pour lui demander de signer, en catastrophe, un nouvel arrêté, en croisant les doigts pour que la juge des référés admette que si on rejette de l’eau dans une buse à 90 m de la mer… elle n’en ressort jamais. (bienvenue à Poudlard***!)

 

 

Outre le fait que la CCPI admet sans discuter que l’intégralité des travaux a été menée sans la moindre autorisation valable, elle y demande la modification de l’article 10 en écartant l’allusion au rejet qui se ferait dans l’aber Ildut (surligné en jaune) par la phrase (en vert) dans laquelle le rejet se ferait dans un ruisseau canalisé.

 

Cela signifie que la CCPI demande, sans la moindre explication, de revenir à la solution a) ou à la solution b), ce qui revient à exposer la zone à un risque sérieux d’inondation.

 

Ainsi, la CCPI préfère risquer la sécurité des habitants de Lanildut plutôt que de se risquer à devoir réaliser une évaluation environnementale. C’est affligeant.

 

Il aurait même été demandé expressément aux entreprises de travaux publics de ne pas utiliser le clapet anti-retour, pourtant installé sous le parking, toujours pour pouvoir se passer de cette évaluation environnementale !!!!

 

Récapitulons :

 

Finie la solution c), finie la solution b), retour 3 ans en arrière à la solution a), la pire de toutes.

Celle qui a reçu un avis défavorable de la DDTM (police de l’eau)

Celle qui va inéluctablement entraîner des inondations d’eaux traitées à Lanildut.

Celle qui risque de fragiliser la digue conçue en 1860 et la canalisation ancienne que le rejet va bientôt squatter…

Et oui, car en plus du risque d’inondation, c’est le risque de submersion marine qui pèse dorénavant sur les habitants et usagers de Saint Gildas.

Car rejeter à haute pression de l’eau dans une buse ancienne, qui n’a pas été calibrée pour cela, c’est très risqué, d’autant que le rejet n’est autorisé qu’à marée très haute ! ». (6 m maritime)

 

Carte de submersion marine

 

Anse Saint-Gildas par marée de 110 (le parking est nettement sous le niveau de la mer!)

 

 

 

Les habitants de Lanildut ont décidément peu d’importance pour ceux qui manœuvrent dans ce dossier.

On appelle cette façon d’agir la politique du « fait accompli ».

On falsifie les dossiers d’instruction, on fait les travaux en catastrophe et si quelqu’un se plaint, on demande au Préfet de régulariser la situation…

Cela ressemble bigrement aux pratiques des éleveurs industriels qui défigurent notre beau pays… et à y regarder de plus près, si la CCPI agit ainsi, c’est peut-être par déformation professionnelle...

 

D’ailleurs, le préfet aussi, car il n’a pas hésité une minute – comme pour la plupart des demandes de régularisations d’extensions illégales d’installations industrielles, à régulariser les travaux illégaux en signant le nouvel arrêté, engageant ainsi sa responsabilité tant pour les impacts environnementaux potentiels que pour les risques d’inondation.

 

Au bilan ? Un véritable festival de magie administrative…

 

- La CCPI présente à la préfecture un dossier trompeur pour faire croire à un projet mineur relevant de la simple déclaration

- le préfet et ses services n’y voient rien – ou regardent ailleurs - et signent un récépissé : feu vert, vous pouvez y aller

- la CCPI signale l’air de rien qu’elle doit modifier le tracé prévu (simple « porter à connaissance ») ; les services de la préfecture n’y voient aucun problème (ou regardent encore ailleurs)

- ravi sans doute de mettre enfin la STEP de St Dénec en conformité, et de pouvoir en rendre compte au ministère, le préfet signe un arrêté légalisant tout cela : n’oublions pas que la France est mise en difficulté à Bruxelles, justement parce que trop de stations d’épuration ne sont pas aux normes, cela en fera une de moins… D’ailleurs, le préfet vient lui-même féliciter la CCPI de ses efforts à l’atteinte de ses propres (si on veut…) objectifs

La station de traitement de Saint Débec n’était pas aux normes avant, simplement parce que son autorisation n'était que provisoire depuis le début, mais qu’elle n’était pas polluante pour autant. Mais aujourd’hui elle est autorisée formellement, alors que c’est maintenant qu’elle risque d’avoir le plus d’impacts !

- la CCPI laisse passer la date de fin de validité de l’arrêté… mais finit par réaliser quand même les travaux illégaux (pendant le confinement COVID), défonçant à coups de bulldozer 4 ou 5 zones humides protégées ;

- pas de chance, les associations découvrent la supercherie et alertent la préfecture ;

- bien obligée de regarder ce qu’elle n’avait pas voulu voir, la police de l’eau fait suspendre les travaux, le temps que la CCPI trouve une solution (ou peut-être le temps que les associations passent à autre chose…) ;

- la nouvelle solution de la CCPI est encore pire que l’ancienne !

- qu’à cela ne tienne, le préfet regarde de nouveau ailleurs et signe un nouvel arrêté

- et pendant que la juge des référés voit l’eau usée traitée disparaître dans une buse avant une digue sans se demander si par hasard elle ne va pas ressortir quelque part, les travaux se terminent…

 

Auront disparu successivement dans ce dossier : les habitants de Lanildut, les zones humides, les risques d’inondation, l’eau qui rentre dans les buses mais n’en sort pas, le clapet qui protégeait de l’inondation, les mensonges et les fraudes, et l’honneur des services chargés de faire respecter la loi. C’est magique !

 

On sent vraiment que nos autorités ont le souci de l’environnement, de la sécurité et de la qualité de vie de leurs citoyens, cela fait chaud au cœur.

 

 

* SDAGE : schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux.

 

** Un « porté à connaissance » est un document qui apporte des informations nouvelles, en l'occurrence une modification très importante qui aurait justifié une nouvelle demande...

 

*** Poudlard est l’école des sorciers dans Harry Potter (pour les non connaisseurs...)

 

 

 

 

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15 mai 2021 6 15 /05 /mai /2021 08:57

... ou l’art de dépenser 2 millions d’euros en dégradant la situation sanitaire et écologique

 

L'épisode 1 de notre saga printanière est consacrée à la génèse de ce dossier et aux manœuvres douteuses de la CCPI qui ont permis de tromper les services du Préfet. 

 

La genèse de cette affaire de rejet d’eaux traitée à Lanildut n’est pas claire. Si cela n’est pas primordial pour la suite de notre saga, il est tout de même savoureux de citer le compte rendu de conseil communautaire du 14 décembre 2016 :

« Au 1er janvier 2014, la Communauté a repris la compétence syndicale. Le dossier a été évoqué à plusieurs reprises. L’agence de l’eau ne voulant pas intervenir financièrement sur ce dossier eu égard au caractère non polluant de l’installation à ses yeux, le dossier n’a guère évolué.

Un fait nouveau a été que la police de l’eau a considéré qu’il y avait un impact négatif sur le milieu, s’appuyant en cela sur des analyses assurées par le laboratoire agréé Labocéa. Un rapport administratif a été établi le 9 septembre 2016. »

Ainsi, avant 2016, le rejet de la station de traitement de Saint Dénec ne posait aucun souci selon l’agence de l’eau. Que s’est-il donc passé en 2016 pour qu’une situation perfectible devienne subitement insoutenable ?

 

La Step de Saint-Dénec serait-elle subitement devenue terriblement polluante ?

 

Il est acquis que cette Station de traitement des eaux usées a été construite dans une zone dont même les agriculteurs ne veulent pas (rocailleux, humide…).

Dès sa mise en service, en 2000, cette station n’était pas aux normes puisque le système d’évacuation des eaux usées traitées n’était que provisoire.

 

Mais à y regarder de près, le provisoire avait au moins le mérite de proposer une esquisse de solution.

Actuellement, les eaux traitées sont acheminées dans une lagune puis sont aspergées sur une parcelle d’1,4ha où les eaux sont sensées s’infiltrer.

Ensuite, puisqu’1,4ha de terres rocailleuse et en pente sont bien insuffisantes, les eaux finissent indirectement par atteindre le ruisseau de Melon.

 

Ce ruisseau chemine lentement à travers la campagne de Porspoder, sur près de 2km, sous la lampe UV géante qu’est le soleil.

Enfin, le ruisseau finit sa course dans l’océan, sur la plage de Melon, plage ouverte sur la mer d’Iroise.

 

Notre association est d’accord sur le fait que la solution actuelle est très perfectible.

Toutefois, il est maintenant acquis que l'état déplorable de la plage de Melon n'est qu'une contrevérité montée de toutes pièces.

 

Elle a servi à repeindre en vert un projet entièrement destiné à accroitre les projets urbanistiques des maires du secteur.

Les classements de l'ARS montrent que cette plage n'est pas plus polluée que les autres plages estuaires du secteur...

(Le Préfet a fini par l'admettre dans un courrier qu'il nous a adressé.)

La CCPI a recherché (ou a fait semblant de rechercher) des solutions alternatives pour remédier à ce problème purement administratif.

 

L’Union Européenne a voté, en juillet 2020 un texte qui va interdire d’ici 2023 tout rejet d’eaux traitées en mer ou en rivières, si une solution de réutilisation des eaux usées traitées s’avère possible.

 

Le bon sens aurait voulu que la CCPI prospecte dans l’optique de trouver des terres capables de recevoir ces eaux et aurait dû, dès 2018, opter pour une solution de réutilisation (aspersion, irrigation, filière saules pour pellets, roseaux…)

 

Des recherches ont bien été menées, mais étrangement, la malchance a été terrible !

Toutes les terres étudiées se sont avérées impropres pour accueillir le rejet… Elles se sont révélées, par la suite, parfaites pour accueillir les épandages divers des éleveurs du secteur…

(voir le film "la parcelle 54")

 

Toutes ? Non !

En effet, un document est apparu lors de la procédure en référé d’avril 2021.

Il s’agit d’un dossier d’étude d’impact datant de 2013. On y découvre une étude d’hydrogéologue concernant une zone parfaitement apte à accueillir un rejet par aspersion.

 

Le plus cocasse… ou le plus révélateur dans cette découverte, est que ce dossier n’est jamais parvenu entre les mains de la DDTM ni du Préfet, ni des associations bien sûr.

 

Les citoyens ne sont plus dupes.

Quand le bureau d’une communauté de communes est composé :

  • d’un Vice-Président chargé de l’eau et de l’assainissement, éleveur de porc,

  • d’un Vice-Président chargé de la biodiversité et des milieux aquatique, éleveur bovin,

  • d’un Vice-Président en charge des aménagements et de l’habitat, salarié d’une des plus grosses coopérative porcine (dirigée par le patron de la méga porcherie industrielle de Landunvez)

  • D’un Président, dirigeant d’une entreprise de travaux publics, (la liste est loin d'être complète...)

     

On comprend mieux, d’une part, qu’il leur ait été inconcevable de gaspiller la moindre parcelle pouvant servir à épandre le lisier et à produire le maïs pour le bétail et, d’autre part, qu’il leur est apparu bien plus intéressant de creuser la campagne sur 4km afin de rejeter les eaux usées traitées dans la zone la plus protégée du Finistère !

 

Ce dossier d’étude d’impact de 2013 (du SIALLP), dans lequel il est clairement écrit ceci,

a été purement et simplement enterré avec ses conclusions de bon sens et ses études d’hydrogéologie.

 

En 2018, la CCPI a choisi d'échafauder un très gros mensonge afin d’échapper à la procédure d’autorisation. (enquête publique + étude environnementale indépendante)

 

Comment transformer la zone la plus sensible et la plus protégée du secteur en vulgaire site sans le moindre intérêt ?

En demandant à son bureau d’étude préféré (DCI Environnement) de rédiger un dossier de déclaration entièrement mensonger. 

 

L’anse Saint Gildas ne serait pas une zone Natura 2000, ni zone ZNIEFF, ni une zone portuaire d’ailleurs, ni une zone conchylicole, pas plus en capacité d’impacter le parc marin d’Iroise et encore moins les plages de la commune (ignorées)… les habitants de Lanildut ayant été tout simplement ignorés par un tour de passe passe…

 

Abracadabra… le Préfet n’y a vu que du feu !

 

Afin d’appréhender sincèrement la nature du site choisi par la CCPi pour rejeter les eaux traitées, nous vous proposons de visionner notre petit film. (cliquer sur le lien)

 

Tout menteur finit par se prendre les pieds dans le tapis... 

C'est pourquoi la CCPI se cramponne, de toutes ses forces, à son argument selon lequel le rejet ne se ferait pas dans l’aber-Ildut mais 90 m en amont dans une buse qui se jette… dans l’aber Ildut.

 

Si la juge des référés (avril 2021) n'a pas compris que quand on introduit un liquide dans une buse, elle finit nécessairement par en sortir... cela risque fort d’être bien différent devant le juge administratif. En effet, ce dernier va enfin s’intéresser au fond du dossier.

 

Alors, amis de Lanildut, gardez espoir, rien n’est fini dans cette affaire. Les déclarations des Maires du secteur et celles de la CCPI s’apparentent à de la méthode Coué...  La vérité finira par apparaître au grand jour.

 

La suite au prochaine épisode de notre SAGA printanière… « Un chantier mené en dépit du bon sens... »

 

 

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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 11:04

Nous vous avons déjà présenté divers aspects de l’affaire du rejet des eaux traitées à Lanildut dans différents articles de ce blog.

 

Il nous apparaît opportun, à ce stade, de mettre un peu d’ordre dans cette affaire qui tournerait au comique de boulevard si les conséquences sanitaires, environnementales et sécuritaires n’étaient pas si graves.

 

Nous allons donc vous proposer une saga printanière, en plusieurs volets, qui va vous tenir en haleine !

Nous commençons par rappeler l’historique de ce chantier inutile, coûteux et dangereux.

Vous pourrez ainsi vous servir de cet article comme d’une référence chronologique pour ne pas perdre le fil… et dieu sait comme certains l’ont perdu, ce fil !

 

Chronologie des évolutions successives du chantier de rejet des eaux traitées au niveau de l’Anse Saint-Gildas à Lanildut.

 

Le Préfet a signé, en 2018, un arrêté autorisant les travaux. Il s’est basé sur un dossier de

déclaration du bureau d’étude DCI Environnement d’avril 2018 pour prendre cette décision.

Ce dossier, commandé par la CCPI, est en grande partie mensonger. L’autorisation du Préfet a donc été obtenue de façon pour le moins discutable...

 

1. Un "porté à connaissance" aurait été transmis au Préfet par la CCPI en juin 2018. Il présenterait une modification du tracé de la canalisation par rapport à celui étudié dans le dossier de déclaration. Le tracé étudié par DCI, en avril 2018, contournait toutes les zones humides (ce « porté à connaissance » de juin 2018 n’a jamais été transmis ni aux associations ni au juge des référés lors des procédures d’avril 2021. Existe-t-il vraiment ?

Toujours est-il que la canalisation traverse sans complexe toutes les zones humides du secteur !

 

2. 12 mai 2020 : Découverte de ce nouveau tracé, par l’association APPCL, au lendemain du

premier confinement. Le chantier semblant complètement hors des clous et traversant plusieurs zones humides, les associations Eau et Rivières et APPCL ont demandé une inspection de la police de l’eau.

Article du blog :

http://appcl.over-blog.com/2020/05/rejets-dans-l-ildut-une-etude-environnementale-ni-faite-ni-a-faire.et-un-chantier-qui-n-en-tient-meme-pas-compte.html

 

 

3. Inspection de la police de l’eau le 19 mai 2020 (OFB): la CCPI annonce à l'inspecteur que les travaux ne pourront pas se faire comme prévu dans le "porté à connaissance de 2018" sur les 500 derniers mètres. (secteur Saint Gildas à Lanildut)

C’est à cette occasion que les risques d’inondation à Saint-Gildas ont été soulevés tant par les services de la CCPI que par l’inspecteur de l’OFB.

 

4. Les travaux sont arrêtés par la DDTM le 25 mai 2020 « en attendant que la CCPI fournisse une

solution acceptable» .

Extrait : : "Vous voudrez bien faire parvenir au service chargé de la police de l'eau les éléments complémentaires vous permettant de poursuivre les travaux de pose de la canalisation de rejet des eaux traités de la station de traitement de Saint-Denec (Porspoder). Dans l'attente de l'avis de la DDTM, les travaux concernant la traversée de cours d'eau et de la zone humide au niveau de la venelle du Tromeur ne sont pas autorisés."

La solution a) a été écartée à cette occasion. La solution consistant à rejeter directement les eaux traitées dans le ruisseau de Traon Meur soulevant des risques majeurs d’inondation d’eau usées traitées.

 

5. Une solution b) est proposée. Elle consiste à placer un clapet permettant aux eaux de la rivière de rejoindre la canalisation quand le rejet ne se fait pas. Ce clapet empêchant les eaux traitées de rejoindre la rivière. Cela limite le risque d’inondation d’eaux traitées mais nullement le risque d’inondation du Traon Meur dont les eaux doivent être stockées pendant toute la durée du rejet.

Plan du chantier (solution b). Noter la présence d'un clapet (ouvrage n°2) et d'une zone de stockage en vert fluo (qui se remplit des eaux de la rivière quand le rejet se fait)

 

6. La CCPI fait parvenir au Préfet un nouveau "porté à connaissance" en juillet 2020.

Il n’y est plus question de rejeter dans le ruisseau busé.

Une troisième solution y est présentée (solution c)).
La canalisation doit rejeter les eaux traitées directement sur l'estran (fonçage de l'ouvrage de retenue d'eau et pose d'un nouveau clapet sur perré. Les 2 canalisations seront indépendantes)

 

7. La DDTM évalue les 3 solutions envisagées et fournit 3 Avis.(novembre 2020).

 

Solution a) : cette solution initiale reçoit un avis défavorable pour risque fort d'inondation.

Solution b) : cette solution, proposée notamment par M Raymond Mellaza (ancien

Maire), consiste à poser un clapet pour éviter les remontées d'eau usées traitées par la rivière

de Traon Meur. Elle reçoit un avis défavorable sans évaluation environnementale

préalable.

Solution c) : Avis favorable sous réserves. C'est la solution présentée dans le "porté à

connaissance de juillet 2020". Cette solution impose également une évaluation

environnementale, car le rejet se ferait directement sur l’estran.

 

8. L'arrêté préfectoral de 2018 est déclaré caduc par l’ordonnance du juge des référés d’ avril 2021.

Les travaux ont été réalisés sans la moindre autorisation valable. Pas d'arrêt des travaux pour autant.

 

9. Le Président de la CCPI, André Talarmin écrit au Préfet (avril 2021 ) : Il demande expressément

de revenir à la solution a). Alors que cette solution a reçu un avis défavorable de la DDTM.

 

10. Le Préfet signe, en catastrophe, un nouvel arrêté et se met en faute puisque cet arrêté:

Ne tient pas compte du "porté à connaissance de juillet 2020" (il faudrait au moins un

nouveau "porté à connaissance" car la solution qui y est décrite est la solution c))

Ne tient pas compte des avis de la DDTM de novembre 2020. (avis défavorables pour

les solutions a) et b))

Ne tient pas compte des risques soulevés par la solution imposée par la CCPI (risques

d'inondations soulignés par les services de la CCPI et la DDTM dans son avis)

 

La CCPI et son Président ont donc décidé, en connaissance de cause, de mettre la sécurité des habitants de Lanildut de côté pour éviter d’avoir à réaliser une évaluation environnementale indépendante.

 

Si la solution a) est bien celle qui est retenue pour le rejet à Saint Gildas, un autre risque apparaît, celui de rupture de la digue protégeant la partie terrestre du site.

 

Afin de bien appréhender ces risques, quelques explications s’imposent et seront

développés dans la suite de cette saga ! 

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23 avril 2021 5 23 /04 /avril /2021 09:46
Monsieur le maire,
 
Nous espérons que vous êtes conscients des risques que la CCPI fait courir à votre commune en réalisant les travaux que vous avez autorisés.
 
Nous imaginons que les services techniques de la CCPI vous ont bien tenus informés des réserves de la police de l'eau. :
 
"a) - Rejet des eaux traitées dans la partie canalisée du cours d'eau: C'est la solution prévue dans le dossier de déclaration initial. A ce stade de l'avancement des travaux, vos services ont émis le risque de remontée des eaux traitées vers le cours d'eau et la zone de stationnement à cause du débit important du rejet des eaux traitées. Sans confirmation de l'absence de risques le service chargé de la police de l'eau émet un avis défavorable. "a) -er
un avis défavorable.
 
Sachant que la DDTM, police de l'eau n'a pourtant rien vu pour les zones humides traversées (ce qui est aberrant...), ici, elle a vu quelque chose, c'est donc que c'est gros...
 
Elle a vu ce que les propres services de la CCPI avaient relevé !
 
Il y avait trois solutions et la CCPI semble avoir choisi la plus mauvaise, celle qui consiste à retirer tous les dispositifs anti inondations  pour éviter d'avoir à réaliser une étude environnementale indépendante.
 
Que comptez-vous faire ? Comment allez-vous expliquer votre position à vos électeurs?
 
Etes-vous prêt à assumer les conséquences financières et juridiques - et pourquoi pas, électorales ?
 
L'association APPCL vous a déposé ce jour une lettre ouverte et l'a diffusée largement sur la commune de Lanildut.
 
Vos administrés ont le droit de savoir exactement ce qui est réalisé à Saint Gildas.
 
Le chantier réalisé actuellement est il vraiment celui que tous les spécialistes ont rejeté du fait du risque majeur d'inondations d'eaux traitées? (la fameuse solution a) ayant reçu un avis défavorable de la DDTM police de l'eau)
 
Si nos lecteurs désirent recevoir la lettre ouverte au format pdf, nous la mettons à votre disposition sur simple demande à l'adresse suivante: ppcotedeslegendes@hotmail.com 
 

 

 

 

 
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