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21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 11:29

Notre association a participé à l'enquête publique concernant les éoliennes de Porspoder.

Nous avons déposé un épais dossier très pointu et argumenté.

Il nous a été reproché, par certains, de ne pas être assez virulents ou vindicatifs contre ce projet.

Et pourtant, force est de constater que nos conclusions sont celles du commissaire enquêteur qui a rendu sa copie cette semaine.

« C’est pourquoi j’émets un avis défavorable à la demande d’autorisation environnementale présentée par la société SARL PARC EOLIEN DE PORSPODER(Groupe ERG)ayant son siège social 16 boulevard Montmartre, 75009 PARIS, pour le projet visant à la création d’un parc éolien sur le territoire de la commune de Porspoder . »

En tant qu'association environnementale, il nous était difficile de dénoncer frontalement la technologie éolienne ou même le choix de l'éolien en France. Il était également hors de question d'utiliser, en connaissance de causes, certains arguments pour le moins critiquables scientifiquement.

 

Et pourtant, nous partageons le constat final que le projet d'implantation de 3 éoliennes de 138,5 m (en haut de pales) en ce lieu est tout sauf une bonne idée.

 

Et c'est précisément la question qui nous était posée à l'occasion de cette enquête publique.

 

Si le porteur de projet avait pour objectif de gonfler les troupes des anti-éoliens, il ne s'y serait pas pris autrement.

 

En effet, la taille des machines, le site d'implantation au beau milieu des mégalithes, au cœur de zones humides et des sources des rivières côtières, le montage financier qui n'intéresse quasiment personne dans le secteur… la saturation visuelle… L'atteinte aux paysages côtiers remarquables de Landunvez, Porspoder ou Lanildut...

toutes les cases sont cochées pour remonter la population locale qui, pourtant, avait plutôt bien accepté les autres projets éoliens en Iroise.

 

Si la contribution d'APPCL est citée à 12 reprises dans les conclusions du commissaire enquêteur. C'est que notre position éclairée et sincère a été payante.

 

Lien vers les conclusions du commissaire enquêteur

 

Autre dossier dans lequel APPCL s'est mis en avant, celui de l'antenne de téléphonie mobile Orange de Mesdoun.

 

Toujours dans le même secteur de l'arrière pays porspodérien, l'entreprise Orange veut implanter une antenne de téléphonie mobile incongrue et inutile.

 

L'entreprise tente de tromper son monde en arguant du fait qu'il s'agirait d'une antenne 4G pour améliorer le réseau… mais ne soyons pas dupes, il s'agit bien de déployer une multitude d'antennes de ce style (50 m de haut) pour déployer la 5G.

 

Couverture du réseau 4G Orange  (site de l'ARCEP) aucune zone blanche en Iroise

 

Un nouveau pylône vient d'être érigé à Brélès , d'autres sur les hauteurs de Plouarzel, de Lanrivoaré…

Le projet landunvézien (au dessus de Penfoul) a été stoppé pour un temps par une habitante valeureuse et voilà celui Porspoder nous arrive...

 

Cette technologie 5G, particulièrement énergivore, n'a pourtant strictement aucun intérêt dans nos communes littorales.

Elle ne sert qu'à améliorer le flux vidéo sur les téléphones mobiles non reliés aux box internet.

En résumé, cette technologie permettrait de regarder Netflix à la plage et c'est tout !

 

L'impact paysager de ces antennes, qui sortent de terre tous les kilomètres sur tout le territoire français, est pour le moins préoccupant. Sans compter l'impact sanitaire pour les riverains.

 

APPCL a déposé un recours gracieux au maire de Porspoder contre l'antenne mobile de Mesdoun.

Ce dernier n'ayant pas pris le temps de répondre, nous avons déposé une requête auprès du Tribunal Administratif de Rennes.

 

Les recours se multipliant, un peu partout en zone littorale, un avis du conseil d’État a été sollicité.

La plus haute juridiction vient de rendre son avis le 11 juin 2021 et il est pour le moins clair et net :

 

« 

Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu ne permettre l'extension de l'urbanisation dans les communes littorales qu'en continuité avec les agglomérations et villages existants et a limitativement énuméré les constructions, travaux, installations ou ouvrages pouvant néanmoins y être implantés sans respecter cette règle de continuité. L'implantation d'une infrastructure de téléphonie mobile comprenant une antenne-relais et ses systèmes d'accroche ainsi que, le cas échéant, les locaux ou installations techniques nécessaires à son fonctionnement n'est pas mentionnée au nombre de ces constructions. Par suite, elle doit être regardée comme constituant une extension de l'urbanisation soumise au principe de continuité avec les agglomérations et villages existants au sens de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Il en va de même dans la rédaction qu'a donnée la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique au premier alinéa de cet article, qui dispose depuis lors que : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. " »

Ainsi, l'implantation d'une antenne mobile, en zone littorale, est illégale si elle n'est pas en continuité des agglomérations.

En d'autres termes, il est illégal de déployer ces antennes disgracieuses au beau milieu des paysages remarquable côtiers. La loi littoral doit s'appliquer à l'instar des autres constructions.

 

Il va falloir maintenant veiller à ce que la puissance de frappe des opérateurs de téléphonie mobile ne réussisse pas à faire modifier la loi littoral. En effet, c'est cette loi qui a permis de préserver si difficilement nos paysages depuis 35 ans.

Si cela venait à arriver, il s'agirait d'un scandale qui collerait comme un post-it sur le front de celui qui oserait remettre en question cette loi si durement acquise contre vents et marées (et surtout contre les promoteurs divers et la puissance de l'argent roi).

 

Pas de nouvelles fraiches dans le dossier du rejet des eaux usées traitées au cœur de Lanildut. Mais soyez rassurés, les procédures judiciaires en cours sont bien vivantes et nous œuvrons sans relâche pour qu'une vraie enquête publique soit enfin diligentée dans ce dossier idiot et dangereux.

 

Ne croyez pas les gros menteurs qui usent de leurs fauteuils hauts placés pour vous raconter vraiment n'importe quoi dans ce dossier... Cela finira, tôt ou tard, par les éclabousser.

 

 

 

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