Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 septembre 2019 6 14 /09 /septembre /2019 11:01

Le 14 septembre 2019, l'édition du Télégramme propose une double page (10 et 11) riche d'enseignements.

 

Sur la partie gauche, la page économie du jour où l'on peut reconnaître M P Bizien, président du Comité Régional Porcin et accessoirement à la tête de l'élevage industriel de porcs de Landunvez.

 

En haut de cette page, on peut noter que la peste porcine est une excellente nouvelle (bien que préoccupante) pour nos éleveurs locaux... les prix flambent ! (forte demande chinoise)

 

Une belle publicité, juste en dessous, nous montre que, comme tous les jours, les plus gros sponsors du journal sont les industriels tenants d'un système agricole industriel.

 accessoirement, on aurait bien des choses à dire sur ce logo "le porc français"... qui ne certifie qu'une chose, que le porc a été élevé près de chez nous... donc qu'il a contribué à polluer les rivières locales...

 

Arrêtons nous sur l'article sur le "Porc"

On comprend bien que les affaires sont bonnes en ce moment. La peste porcine en Chine fait monter les prix. Conclusion de nos porchers, "il faut investir, gagner en performance".

Traduction: M le Préfet, il ne faut pas écouter les écolos, délivrez-nous des autorisations d'extension d'élevages !!!

 

Ensuite, l'article traite de la création d'une AOP... non, pas une Appellation d'Origine Protégée, il ne faut pas rêver... une Association d'Organisations de Producteurs.

Si cela n'est pas une magnifique opération de communication fumeuse pour tromper le consommateur...

Ensuite, le couplet sur l'agribashing nous est resservi comme une bonne vanne bien réchauffée.

 

Nous tenons à préciser que les détracteurs des élevages industriels ne sont pas tous des vegans qui entrent dans les élevages. Si une majorité de français est opposée au développement des fermes usines, ils ne font pas pour autant de l'"agribashing"... à la limite nous accepterions l'agro industrie business bashing.

 

Il n'y a pas plus défenseurs des vrais paysans que les personnes qui luttent contre les fermes usines.

L'agro industrie nuit à la paysannerie et le syndicat majoritaire organise les troupes qui sont prêtes à se sacrifier pour défendre un modèle qui les détruit. 

 

Nous aurons un beau panel des députés "FNSEA friendly" à l'occasion du colloque que l'Assemblée Nationale va organiser.

 

Page de droite,

"23 pollutions "accidentelles" liés au lisier en Finistère depuis 2018" !!!!!!
"défaillance d'une vanne, d'une canalisation..."
"des erreurs humaines lors du transfert de lisier"
"pompe déclenchées par erreur, oubli d'arrêter un transfert, défaut de surveillance"
 
Et nous pouvons lire dans les études d'impacts produites par les usines à cochons finistériennes dans les dossiers d'extensions d'élevages que les accidents sont impossibles, la preuve que non !
 
Enfin,

Les dauphins sont donc contaminés par le mercure et les PCB... 

Nous n'irons pas jusqu'à dire que l'agriculture industrielle y est pour quelque chose, ce serait inexact.

 

Par contre, nous serions curieux de savoir si les dauphins sont aussi contaminés par les pesticides que charrient nos cours d'eau:

 

Ci-dessus, APPCL a extrait ce document du rapport produit à la CLE du Sage du Bas Léon, il s'agit d'une étude Labocea sur les pesticides dans les eaux de Landunvez, (Plage de Gwisselier pour l'extrait).

 

En rouge: pesticides interdits....

En Vert: pesticides utilisés pour la culture du maïs... (à qui est destiné ce maïs?)

Repost0
31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 10:15

Une chose est certaine, M le Maire de Langouët a réussi une chose fort importante, porter le focus sur l'aberration de la législation sur les épandages de pesticides.

 

Rappel: Un agriculteur peut épandre son poison jusqu'à 5 mètres de votre habitation ! et s'il obtient une dérogation, la distance peut être ramenée à 3 m.

5 mètres, autant dire rien du tout tant les produits sont volatiles et tant ils se dispersent avec le vent le ruissellement.

 

Les pourfendeurs des pesticides ont été fort agréablement surpris par la déclaration du député brestois Jean Charles Larsonneur sur son compte Facebook:

Le "contexte d'urgence écologique " impose donc un changement dans les discours mais surtout dans les actes. Les 150 m du Maire de Langouët ne semblent pourtant pas sortir du chapeau d'un illuminé. 150 m est une distance raisonnable pour éviter la dispersion des produits pesticides jusque chez les particuliers.

 

Nous avions également eu le plaisir d’accueillir la député de Morlaix (Mme Le Feur) lors du forum "Se nourrir...à quels prix?" que l'APPCL avait coorganisé à Brest. Cette dernière tenant, à l'occasion, un discours similaire à celui de M Larsonneur.

 

Patatras !!!! 

 

Il ne s'agit surtout pas, pour notre association de faire de la politique et de promouvoir tel ou tel parti, cela serait en contradiction avec nos statuts.

 

Nous sommes toutefois en droit de  nous étonner quant à la ligne de La République en Marche en matière de respect de l'environnement et de législation sur les épandages de pesticides.

 

Le parti au pouvoir ne peut, en effet, être pour écarter les épandages de produits pesticides à plus de 150 m des maisons et militer pour que rien ne bouge...

 

Le "en même temps" a des limites !!!

 

Voici la tribune de M Le Gac, député LREM de Brest rural:

Dans sa tribune, M Le Gac reprend une nouvelle fois la rhétorique de la FNSEA : "garantir l'autonomie et la sécurité alimentaire de notre pays"... il faut "associer les agriculteurs de la commune", "interdire les pesticides à 150m autour des habitations est techniquement impossible" etc... il ne manque plus que le mot "agribashing" et la collection serait complète.

 

M Le Gac, en tant que député en charge du Bas Léon, savez-vous que le SAGE a produit un rapport Labocéa sur les pesticides dans les cours d'eau le 28 juin dernier et que ce dernier est une vraie bombe ?

 

Voici une capture d'écran des résultats du ruisseau appelé le Ploudalmézeau qui n'est autre que la rivière de Kersaint qui se jette dans la baie de Portsall, au niveau de la plage de Gwisselier à Landunvez.

 

Analyse par le rapport de Labocéa :"

 

"

Ainsi, en y regardant de plus près, toutes les rivières du secteur sont polluées à l'instar du "Ploudalmézeau".

 

La pollution est massive puisque le cocktail de molécules est systématiquement au dessus du seuil de pollution. (0,5 μg/litre)

 

Le nombre de molécules décelées et dépassant souvent les seuils admissibles est alarmant.

 

Nous avons surligné en rouge les molécules interdites. Comment se fait-il qu'une profession si responsable, si soucieuse de l'environnement et du bien être de la population se permette d'utiliser des molécules interdites?

 

On peut en effet le dire puisque les taux des molécules interdites varient au cours de l'année, le phénomène de rémanence ne peut, à lui seul, expliquer  la présence de ces poisons dans l'eau.

 

Nous avons surligné en vert les molécules intervenant dans la culture du Maïs...

 

Et pour qui est destiné tout ce maïs qui pousse entre Ploudalmézeau et Landunvez ? 

 

On n'en est plus à se poser la question de la distance d'épandage par rapport aux habitations, cela relève du bon sens... mais pensez aussi à l'eau. Toutes les rivières du Bas Léon se jettent sur les plages.

 

Nos enfants se baignent à même ces ruisseaux, les plus grands évoluent dans des eaux de baignades chargées de ces produits...

 

Il serait intéressant de mesurer les taux de molécules pesticides présentes dans les urines des bambins qui jouent dans les ruisseaux, est-ce fait ?

 

Citons Jean-Charles Larsonneur en guise de conclusion:

Le métier d’agriculteur est trop respectable et trop essentiel pour que vous l’enfermiez dans le carcan des pratiques d’hier "

 

Repost0
18 août 2019 7 18 /08 /août /2019 14:00

Nous avions été habitués à des articles souvent décevants sur les eaux de baignades du secteur.

En cet été 2019, la fermeture annuelle de la plage du Château a sûrement joué dans le sens d'un changement de posture face aux pollutions chroniques des plages du Bas léon.

L'article du Ouest France du 17 août est une vraie enquête qui va au bout des choses sans prendre les pincettes habituelles qui transforment un sujet brûlant en une lecture à l'eau tiède.

Bravo donc au journaliste pour ce travail qui honore le Ouest France.

Laurent Le Berre de notre association APPCL y est interrogé et ses propos sont repris au nom d'Eau et Rivières (dont il est également administrateur).  

Les épandages de lisier sont enfin repris comme cause probable de pollution des plages de Landunvez.

La carte est éloquente, les soucis d'eau de baignade polluées aux bactéries fécales sont aisément repérables et malheureusement dans notre secteur.

Il ne faut pas être sortis de Polytechnique qui comprendre ce qui caractérise principalement le secteur situé entre Brélès et Tréompan...

De plus en plus de personnes s'arrêtent devant les panneaux aux entrées de plages mais combien vont se baigner, de bonne foi, sur des plages fermées à la baignade?

Aucun drapeau, aucune surveillance... il faut être féru de lecture administrative pour décrypter les arrêtés municipaux d'ouverture et de fermeture de plages...

Repost0
27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 16:08

Le Tribunal administratif de Rennes avait rendu son verdict dans l'affaire de l'extension de la porcherie industrielle de Landunvez.

La décision de condamner l'Etat et d'annuler l'arrêté du Préfet du Finistère qui, en 2016, avait autorisé l'extension de la porcherie industrielle restera-t-elle lettre morte ?

 

La victoire était pourtant écrasante, le juge administratif revenant aux conclusions du commissaire enquêteur:  Non, il n'est pas envisageable d'agrandir encore  le cheptel de l' "usine à cochons" dans un secteur déjà noyé sous le lisier...

 

Le Préfet du Finistère a donc autorisé, lors du CODERST (comité départemental des risques sanitaires et technologiques) du 18 juillet dernier, l'éleveur à poursuivre, comme si de rien était, jusqu'au 31 décembre prochain l'exploitation de ses 12 090 Animaux équivalents.

(60 tonnes de lisier par jour tout de même !!!)

 

L'éleveur doit tout de même finir la lagune qu'il aurait dû finir en 2017 (avant fin juillet) ! mais cette lagune ne justifie rien de nouveau concernant le jugement du tribunal. Lagune ou pas, l'arrêté du Préfet de 2016 n'avait pas lieu d'être.

 

Entre temps, il aura tout loisir de déposer une nouvelle demande d'extension.... et comme les enquêtes publiques doivent disparaître, l'horizon s’éclaircit pour les fermes usines !

 

L'article du Ouest-France ci-dessous relate bien les faits... Notre éleveur ne recule vraiment devant rien pour grandir toujours plus (détruire une zone humide.... pas grave !)

 

En cette période de sécheresse, comment un paysan peut-il se permettre de sacrifier ainsi la ressource en eau? Il est vrai que ce genre d'élevage ne ressemble plus du tout à une ferme mais s'apparente de plus en plus à une usine.

 

Quant au Préfet, pour justifier les jolis cadeaux du moment faits aux industriels de l'élevage, il se complet à reprendre la rhétorique de la FNSEA...  Les assos font de l'agribashing !!!! honte à elles.

 

Si on osait la métaphore cycliste en cette fin de tour de France, C'est comme si ceux qui vilipendaient Lance Armstrong étaient qualifiés d'ennemis du cyclisme, de cyclo-bashers !

 

Ceux qui font mal à l'agriculture, il faut plutôt les chercher du côté de ces industriels.

 

 

Nos assos aiment les paysans, les vrais...

 

 

 

Repost0
28 juin 2019 5 28 /06 /juin /2019 08:42

Voici maintenant plusieurs années que l'APPCL (et d'autres assos) dénonce les effets des fermes usines et de l'agriculture (ou monoculture) conventionnelle à base de produits chimiques et de déversements massifs de lisier.

 

Jusqu'alors, on nous renvoyait à nos études à chaque nouvelle analyse au résultat lamentable.

"Ce sont les particuliers qui polluent ! à la rigueur, admettons, les vaches peuvent lâcher leurs bouses dans les ruisseaux, on va financer des pompes à museaux et elles ne viendront plus boire dans les ruisseaux... Il y a aussi de chevaux qui polluent... et les moutons... et les mouettes... "

 

En gros, tout le monde pollue (ce qu'on admet volontiers ) mais surtout pas les cochons ça non, un cochon , c'est propre et ça ne pollue pas. 12 000 cochons non plus puisque 12 000 x 0 = 0.

 

Non, revenons dans le monde réel où le bon sens et les études de nos assos ont pu démontrer (y compris devant le tribunal administratif) que oui les fermes usines polluent, et pas qu'un peu !

 

Jusqu'alors, le seul paramètre sur lequel on pouvait se baser était la bactériologie.

Nous avons dû financer en 2016 une analyse sur les marqueurs types animaux pour obtenir le droit de déclarer la chose suivante:

 

"Les cochons participent à la pollution bactérienne de la plage de Penfoul à Landunvez."

 

(Jusqu'alors on nous aurait traité d'affabulateurs pratiquant la diffamation puisque jamais aucune étude n'a prouvé l'implication du cochon dans la pollution des plages du Bas Léon.)

 

Nous avons étudié les rapports scientifiques en tout genre et nous avons réussi à produire au tribunal un argumentaire montrant que ce sont les épandages massif de lisier qui polluent en grande majorité nos cours d'eau. (1 porc émet dans l'environnement 30 fois plus de bactéries E.Coli qu'un homme...)

 

Hier, le SAGE du Bas Léon a produit un rapport qui pour nos assos est une bombe:

On ne pourra plus dire, dès lors que la monoculture conventionnelle à base de pesticides et d'épandages de lisiers est étrangère à la pollution de nos rivières du Bas Léon.

 

En effet, nos cours d'eau sont très fortement pollués par un cocktail impressionnant de produits chimiques.

 

Une grande partie de ces substances est interdites depuis bien longtemps et ces produits sont toujours utilisés (il ne s'agit pas d'un phénomène de rémanence puisque les taux augmentent en période de désherbage des champs en juin particulièrement.)

 

La plupart des molécules détectées sont des herbicides utilisés pour la culture du maïs.

Qui donc mange ce maïs ? Qui produit ce maïs? qui transforme notre territoire en vaste champs de maïs?

La réponse est simple...

 

Nous pouvons donc, depuis hier, affirmer que les fermes usines polluent nos cours d'eau (directement par les épandages et indirectement pour la production  du maïs) et il devient légitime d'alerter les autorités.

En effet, plusieurs molécules sont classées comme dangereuses pour la santé humaine !

 

Voici ci-dessous les cocktails de molécules trouvées dans 3 ruisseaux du pays d'Iroise:

Le Foul (Le Landunvez pour le Sage)

La rivière de Gwisselier (Le Ploudalmézeau pour le Sage)

Le Kouer ar Frout (rivière se jetant sur la plage des 3 moutons )

 

Repost0
31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 11:24

La qualité des eaux de baignade est déterminée par l’ARS (agence régionale de la Santé).

Elle est régie par la directive 2006/7/CE. Cette directive est la règle du jeu que doivent suivre à la lettre tous les États européens.

Ce texte est téléchargeable à partir de tout bon moteur de recherche. Il est, comme tout texte de loi, fort compliqué à lire, truffé de règles plus alambiquées les unes que les autres…

Le seul critère retenu pour déterminer l’état d’un site de baignade est la concentration en bactéries fécales (E.Coli et entérocoques)

Alors, qui a pris le temps de lire ce texte ? Et surtout, qui l’a compris ?

 

Allez en parler à votre Maire si vous habitez sur une commune littorale. Poser lui la question suivante :

 

Comment est déterminé le classement d’un site de baignade ?

 

Vous aurez une réponse évasive, ou pire, un discours du style : « C’est la moyenne des analyses faites pendant l’été par l’ARS... »

 

C’est entièrement faux !

 

Le classement d’un site de baignade est le résultat de deux calculs statistiques de haut vol : les percentile 90 et percentile 95.

 

Voici littéralement les formules :

 

On est bien loin d’un simple calcul de moyenne arithmétique des analyses réalisées durant l’été…

Votre Maire maîtrise-t-il les écarts types, la fonction antilog( ) ?

Il faut déjà un bon bagage mathématique pour manier ces outils que sont les percentiles 90 et 95.

Il faut bien comprendre, à ce niveau, que l’ARS est la seule habilitée à décerner le classement d’un site de baignade. Elle est la seule à disposer des tableaux informatiques qui calculent automatiquement ces percentiles.

Il leur suffit de rentrer le corpus d’analyses retenues durant les 4 dernières périodes estivales et le classement en sort mathématiquement. Cela semble sans appel, non négociable et non discutable.

 

Mais comme bien souvent, le diable est dans les détails.

 

J’ai bien écrit, ci-dessus, « le corpus d’analyses retenues durant les 4 dernières périodes estivales » et on va voir que les Maires sont passés maîtres dans l’art de contourner cette directive 2006/7/CE.

 

Alors, Mmes et Ms les Maires, voici quelques trucs et astuces pour garder un classement présentable pour votre plage.

 

Leçon n°1 : « Bidouiller au quotidien »

 

La chose est maintenant bien connue de tous, la concentration en bactéries fécales d’une eau de baignade est intimement liée à la pluviométrie.

Quand il pleut, le ruissellement entraîne un ravinement des terres agricoles et les concentrations en bactéries ont tendance à monter en flèche quelques heures après.

 

Les Maires, sûrement bien conseillés, ont trouvé une parade dont ils usent et parfois abusent : Les fermetures préventives.

 

Voici ce qu’on a pu lire dans le bulletin municipal de la commune de Landunvez  (n° 1756) :

« Lors de précipitations pluviométriques importantes et afin de réduire les risques liés à la baignade, et par mesure de sécurité et de salubrité publiques, des fermetures préventives sont prises. »

 

Sous prétexte de se soucier de la santé des baigneurs, les maires décident de fermer leurs plages après les épisodes pluvieux. Ils financent ensuite une analyse par jour jusqu’à obtenir un bon résultat, synonyme de réouverture. (quid du coût de ces analyses?)

 

Nos maires sont-ils seulement soucieux pour notre santé ?

 

En fait, ils ont tout à gagner à fermer leurs plages après une pluie. En effet, toute analyse réalisé par l’ARS durant la période de fermeture préventive sera retirée du corpus d’analyses réalisées durant la période estivale.

En résumé, le corpus d’analyses retenues n’est plus du tout un tableau représentatif de l’état du site de baignade pendant la période estivale mais plutôt le reliquat des analyses réalisées uniquement lors des périodes de beau temps.

 

C’est un peu comme si on prenait sa température uniquement pendant les jours où on n’a pas de fièvre !

 

L’association APPCL a réalisé des tableaux récapitulatifs qui recensent les fermetures préventives et on peut y voir que ce procédé est maintenant devenu systématique.

 

Entre le 15 juillet et le 15 août 2017, par exemple, la plage de Penfoul (Landunvez) a été fermée 13 jours sur 31 (soit 42 % du temps!)

 

 

Leçon n°2 : « prendre des libertés avec les mathématiques »

Les formules mathématiques qui permettent d’obtenir les percentiles 90 et 95 sont des formules statistiques.

Comme souvent avec les formules statistiques, il est possible d’écarter ce qu’on appelle les valeurs extrêmes. Ce sont des valeurs qui sortent vraiment de l’ordinaire et qui peuvent être par exemple des erreurs de mesure.

 

Définition Wikipedia :

En statistique, une donnée aberrante est une valeur ou une observation qui est « distante » des autres observations effectuées sur le même phénomène, c'est-à-dire qu'elle contraste grandement avec les valeurs « normalement » mesurées. Une donnée aberrante peut être due à la variabilité inhérente au phénomène observé ou bien elle peut aussi indiquer une erreur expérimentale. Les dernières sont parfois exclues de la série de données.

 

 

La directive 2006/7/CE, faisant appel à une formule statistique, permet logiquement d’écarter un certain nombre de valeurs sortant de l’ordinaire.

 

« Le nombre d'échantillons écartés conformément à l'article 3, paragraphe 6, à cause d'une pollution à court terme au cours de la dernière période d'évaluation ne représente pas plus de 15 % du nombre total d'échantillons prévu dans les calendriers de surveillance établis pour la période en question, ou pas plus d'un échantillon par saison balnéaire, la valeur la plus élevée étant retenue. » (Extrait de l’Annexe II de la directive)

 

 

La question suivante mérite d’être posée :

Qu’est-ce qu’une valeur extrême dans le domaine des analyses bactériennes ?

Une erreur de mesure peut entraîner une surévaluation de la concentration ou, au contraire une sous évaluation.

Il semble normal d’éliminer 15 % du corpus d’analyses (comme le permet la directive) mais pourquoi n’élimine-t-on que les résultats allant dans le sens des Maires ceux qui peuvent dégrader le classement du site de baignade?

 

Le corpus d’analyses de la période estivale, déjà grevée des analyses réalisées pendant les périodes pluvieuses est de plus amputé des analyses montrant des pollutions importantes (15% !)

 

Et maintenant, que se passe-t-il si vous ajoutez plusieurs analyses judicieusement réalisées durant les périodes de beau temps? Vous "diluez" les épisodes de pollutions dans un corpus élargi. Encore une façon de se cacher derrière son petit doigt ! (à Landunvez, on est ainsi passé de 8 analyses par saison à 14 voire 15 )

 

On peut, dès lors, se demander comment ce fait-il qu’il subsiste encore des sites de baignade non conformes.

 

A Landunvez, par exemple, le Maire abuse de ces fermetures préventives et pourtant, l’état de ses plages se dégrade.

 

 

A Douarnenez, la plage du Ris a été fermée suite à 5 années consécutives en état « insuffisant ».

 

Ce qui nous amène naturellement à la leçon n°3, sûrement la plus tordue :

 

Leçon n°3 : « jouer sur les mots ! »

 

Revenons à la directive 2006/7/CE et à cette pauvre plage du Riz à Douarnenez.

« Si des eaux de baignade sont de qualité «insuffisante» pendant cinq années consécutives, une interdiction permanente de baignade ou une recommandation déconseillant de façon permanente la baignade est introduite. Toutefois, un État membre peut introduire une interdiction permanente de baignade ou une recommandation déconseillant de façon permanente la baignade avant la fin du délai de cinq ans s'il estime qu'il serait impossible ou exagérément coûteux d'atteindre l'état de qualité «suffisante»»

 

Autrement dit, le Maire de Douarnenez est rudement honnête ou mal conseillé en la matière.

 

Mme Lamour, Maire de Ploudalmézeau, a elle dégainé son interprétation de cet article et, elle a gagné énormément de temps !

 

La plage de Tréompan a été classée 4 années consécutives en état « insuffisant ». Une année de plus dans ce classement aurait été synonyme de fermeture définitive.

Mme Le Maire a donc déclaré sa plage en fermeture préventive à l’année (soit pendant l’intégralité de la saison touristique).

 

Drôle d’idée n’est-ce pas ? (pas très vendeur pour les touristes)

 

Tout l’intérêt de cette fermeture annuelle tient dans le mot « consécutives ».

 

Si vous fermez préventivement votre plage durant toute la saison, l’intégralité des analyses de l’ARS seront éliminées du corpus d’analyses. La plage ne sera pas évaluée et vous cassez de façon artificielle le décompte du nombre d’années consécutives en état « insuffisant ».

Vous avez gagné 5 ans de tranquillité…

Le Maire de Landunvez en fait de même en 2019 en fermant sa plage du Château à l’année. On peut maintenant être à peu prés certain que l’on ne verra plus jamais de plages fermées définitivement par l’ARS.

 

 

On peut s’interroger, se creuser la tête pour savoir qui est derrière cette entreprise de contournement de la loi. Qui a intérêt à truquer les résultats ? Qui peut financer les juristes pour trouver ces failles dans la directive européenne ?

Les Maires, à leur niveau ne sont ni mathématiciens, ni juristes, ni stratèges au point de jouer avec la santé des gens pour pouvoir arborer des classements sanitaires présentables aux touristes soucieux de leur santé et de celle de leurs enfants.

N’est-on pas à la lisière de la tromperie et de la publicité mensongère ?

 

Le reportage de France 3 Région Bretagne du 2 juillet 2019 est consacré au sujet

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/emissions/jt-1920-bretagne

Repost0
19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 09:31

Le jugement de l’affaire opposant les associations APPCL, AEPI et ERB à l’état qui avait autorisé en 2016 (par la décision du Préfet) l’extension de l’élevage industriel Avel Vor de Landunvez nous donne raison.

«  Article 1er : L’intervention de l’association Protection et Promotion de la Côte des Légendes est admise. Article 2 : L’arrêté du 1er avril 2016 par lequel le préfet du Finistère a autorisé l’extension de l’élevage porcin de la société Avel Vor est annulé. Article 3 : L’Etat versera aux associations Avenir et Environnement en Pays d’Iroise et Eau et Rivières de Bretagne une somme globale de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Article 4 : Les conclusions de la société Avel Vor présentées au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.  »

En d’autres termes, l’autorisation d’extension de l'élevage industriel est illégale. La porcherie devrait revenir au cheptel d’avant 2016. ( qui était déjà énorme!).

Nul doute que tout va être mis en oeuvre pour jouer la montre et permettre à l'élevage de poursuivre en l'état... L'APPCL devra veiller à ce que le droit soit effectivement appliqué.

L’État est condamné à verser 1 500€ aux association ayant déposé le recours.

APPCL, qui est entrée dans le jeu dans un second temps en « intervention volontaire », ne peux demander aucune réparation financière. (c’est le sens de l'Article 4)

Notre association qui a produit 4 mémoires et fourni nombre de pièces dans cette affaire a en tout point obtenu ce qu’elle voulait.

On ne peut pas continuer à foncer dans le mur en autorisant des extensions d’élevages industriels dans des zones très sensibles déjà fortement impactées par les nuisances liées aux exploitations agricoles démesurées.

La phrase du rapporteur public que nous avons entendu lors de l’audience au tribunal administratif de Rennes est en tout points révélatrice de la situation :

 

« Ce qui choque le commissaire enquêteur, c’est que l’insuffisance de l’étude d’impact ne répond pas aux nuisance de demain puisqu’elle ne répond pas déjà aux nuisances d’aujourd’hui. »

APPCL reste donc en pointe dans la reconquête de la qualité des eaux...

Article Ouest France

Repost0
18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 22:07

Jeudi 11 avril dernier, Aurélien et Laurent se sont rendus au Tribunal Administratif de Rennes pour représenter APPCL et ERB dans le dossier "Avel Vor".

Notre association s'est associée à ERB et AEPI pour contester la décision du Préfet du Finistère qui, en 2016 avis donné un avis favorable à la nouvelle extension de la SARL Avel Vor.  (12 090 Animaux équivalents )

Cet avis favorable, contraire aux avis de toutes les instances consultées (Commissaire enquêteur, DDTM, autorité environnementale) avait soulevé l'indignation de bon nombre de personnes.

Le jugement sera rendu sous un mois mais nous sommes très confiants quant à l'issu de la procédure tant le dossier est lourd et documenté.

(APPCL a produit 4 mémoires... ceci représente un travail énorme pour nos bénévoles )

 

Wait and see !

Repost0
17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 12:03

APDP, l'association pour la protection des dunes de Porspoder n'est plus.

Suite au décès de Michel Bougeard, son Président, personne n'a souhaité reprendre la direction de cette association amie de toujours d'APPCL. 

Michel était également Vice-Président d'APPCL et c'est tout naturellement que le bureau d'APDP s'est tourné vers nous pour poursuivre son oeuvre.

APPCL est une association plus généraliste (eaux, urbanisme...) mais saura s'occuper de la sauvegarde des dunes (en général).

Nous accueillons donc, avec plaisir, Claudine Tahier (du bureau d'APDP) au poste de Trésorier d'APPCL.

Nous allons créer une section "Dunes" que pourront faire vivre les personnes désireuses de poursuivre l'oeuvre portée par Michel. (protection des dunes, mise en valeur de l'espace dunaire, sorties commentées etc...)

APPCL voudrait accueillir un maximum de membres d'APDP, tous ceux qui veulent participer à la protection et à la promotion de la côte qui nous est chère.

Pour cela, il suffit de remplir le bulletin qui se trouve en suivant le lien suivant:

Lien vers le bulletin d'adhésion à APPCL

(C'est une image à copier / coller dans word par exemple... un blog nous oblige à ne publier que des images.)

Nous organiserons une réunion d'accueil dans quelques temps (date à fixer) afin de nous retrouver et de discuter de la nouvelle section "Dunes"

Bienvenue aux anciens d'APDP!

Repost0
19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 18:35

Voici maintenant plus de 15 ans que la même rengaine nous revient inlassablement quand on évoque les pollutions bactériennes sur nos plages du pays d'Iroise:

"C'est la faute des assainissements individuels défectueux! principalement ceux des habitations secondaires".

 Certes, il ne faut pas nier que certaines maisons ne sont pas correctement raccordées à un assainissement conforme et sont donc potentiellement polluantes.

 

Depuis peu, officiellement, on avance l'idée d'une source de pollution potentielle: "Les vaches qui viennent s'abreuver dans les ruisseaux et qui lâchent des bouses dans l'eau".

On admet donc que l'agriculture peut contribuer à la pollution bactérienne... mais pourquoi incriminer les quelques vaches qui pâturent dans le pays alors que parallèlement certains épandent des quantités gigantesques de lisier de cochon... et là, on ne trouve toujours personne pour incriminer officiellement l'agriculture intensive et les fermes usines. 

Pourtant, la démonstration suivante peut nous amener à penser que cette source potentielle n'est pas du tout étrangère aux pollutions récurrentes de nos plages...

 

Etape 1:

 

Le bilan officiel dressé par l'ARS, l'agence régionale de santé. C'est elle qui réalise la surveillance sanitaire des plages françaises et c'est encore elle qui doit dresser le bilan annuel de l'état sanitaire de chaque site de baignade.

Le rapport 2018 est tombé fin janvier et il est sans appel pour la commune de Landunvez:

Constatation : Le bilan global concernant le Finistère est plutôt bon, effectivement :
• le nombre de plages affichant un état « insuffisant » baisse.
• le nombre de plages affichant un état « bon » ou « suffisant » est à peu près stable.
• le nombre de plages affichant un état « excellent » augmente

Étudions maintenant la carte de Bretagne pour déceler d'éventuels mauvais élèves :

Un gros point noir saute aux yeux!  Le pays d'Iroise et en particulier la commune de Landunvez qui se
distingue particulièrement avec une dominante de couleur jaune ou rouge.

En suivant ce lien, on peut trouver toutes les archives de l'ARS qui ont permis de dresser le tableau suivant:

On constate une forte dégradation des classements annuels des plages de la commune de Landunvez lors
des 6 dernières années. La plage du Château sera même fermée à l'année en 2019 !

 

Etape 2:

 

Dressons maintenant la liste de toutes les causes potentielles de pollution bactérienne et regardons si chacune de ces causes peut entraîner une telle dégradation.

La cause officielle retenue depuis toujours, à savoir les assainissements individuels défectueux, peut elle expliquer une telle dégradation? Non bien sûr. Loin de nous l'idée de dire que tout va bien mais on peut avancer tout de même que la situation globale s'améliore sur Landunvez. Le réseau d'assainissement collectif progresse, c'est indéniable. Les assainissements individuels défectueux sont de moins en moins nombreux... c'est la CCPI qui le dit dans le rapport du SPANC de 2017:

On peut donc affirmer 2 choses :
• Il subsiste une problématique de non conformité des assainissement individuels sur la
commune de Landunvez.
• La situation s'améliore grandement puisque sur les 134 installations classées« inacceptables » lors du diagnostic de 2006, 70 installations ont été mises au normes.
( 52,2%)

La qualité bactériologique des eaux de baignades se détériore sur les plages de Landunvez.
Le nombre de sources de pollutions potentielles liées aux assainissements collectifs défectueux baisse de façon très significative.
Il faut donc aller chercher ailleurs la raison de cette forte dégradation des eaux de baignade à Landunvez.
La conclusion du rapport du SPANC est sans appel : (extrait)

La commune de Landunvez peut donc être classée parmi les élève méritants. La moyenne d'installations
non-conformes de la commune se situant au dessous de la moyenne du département.
(52% contre 57%)
Alors comment, dès lors, incriminer en premier lieu les assainissements individuels non-conformes au vue de la carte départementale des bilans annuels présentée au Coderst du 22 janvier 2018?  (voir ci_dessus)

 

Constate-t-on une augmentation drastique de vaches qui lâchent leurs bouses dans les ruisseaux? 

Non, on peut même dire que nos fermiers qui produisent du lait ne sont pas dans une situation très enviable. Une bonne partie disparaît ou change de production... 

 

On ne peut pas incriminer non plus les rejets liés aux stations de traitement des déjections humaines puis qu’aucun de ces rejets ne se fait dans les ruisseaux se jetant sur les plages de Landunvez. 

 

Mais quelle est donc la cause potentielle de pollution qui a vu sa pression augmenter parallèlement à la dégradation des eaux de baignades? allez, ce n'est pas difficile.... lisez les autres articles de ce blog pour estimer d'où peuvent bien venir ces flôts de bactéries fécales qui polluent nos plages.

 

 

 

 

 

Repost0