L'Association pour la Protection et la Promotion de la Côte des Légendes lutte pour préserver l'environnement au Pays d'Iroise.
L'article paru sur ce blog la semaine passée a suscité des commentaires d'un internaute bien au fait sur le sujet des fermes usines.
Toutes les données et chiffres avancés dans cet article sont vérifiables. Nous avions cité nos sources et mis un lien pour les consulter.
Apparemment, des précisions s'imposent. Voici donc 3 captures d'écran du rapport signé IFREMER (institut français de recherche pour l'exploitation de la mer)

Cliquer sur l'image pour ouvrir ce rapport

Les plages du pays d'Iroise souffrent d'une pollution aux bactéries fécales. L'ARS réalise des analyses régulières durant la saison touristique et dénombre ces bactéries fécales présentes dans l'eau des zones de baignade (E.Coli et Entérocoques).
Il faut donc, pour améliorer la situation, étudier de façon exhaustive les sources de pollution bactérienne. Le schéma ci-dessus permettra de les citer sans toutefois établir de causes prépondérantes.
APPCL se veut être la plus honnête possible et n'éluder aucune cause de pollution.
Nous demandons que les assainissements défectueux soient mis aux normes.
Nous demandons que le réseau d'assainissement collectif (SPAC) s'étende en priorité dans les zones souffrant de pollution bactérienne. (Mazou, Penfoul, Tréompan...)
Nous demandons que les stations de traitement des eaux usées soient exemplaires et que les rejets d'effluents traités ne soient pas faits directement en rivière (l'Ildut en l'occurrence.)
Nous sommes d'accord pour que des pompes d'abreuvement soient fournies aux éleveurs pour éloigner les bovins des cours d'eau.
Mais si on traite ces 3 sources de pollution, il ne faut pas éluder toute la partie gauche du schéma ci-dessus, à savoir les épandages massifs de lisiers (lisiers bruts et reliquat traité en station de traitement)
Pour se faire une idée plus précise des rejets de bactéries fécales dans l'environnement, IFREMER établit le tableau ci-dessous:

Pour résumer cela on peut dire qu'un seul homme produit tous les jours 2,14 x 109 bactéries E.Coli alors qu'un porc en produit 30 fois plus (soit 30 x 2,14 x 109 bactéries E.Coli par jour)
APPCL ne sort pas ce chiffre de sa poche mais cite IFREMER qui est la références en la matière.
Nul doute que Wikipedia puisse être une source intéressante mais nous préférons la rigueur scientifique à la prose collaborative des internautes.
IFREMER utilise comme référence en matière de rejet de bactéries fécales dans l'environnement l'unité Eq.hab/j (soit l'équivalent habitants par jour.)
Nous sommes donc tout à fait en droit d'utiliser cette référence, nous trouvons d'ailleurs qu'elle est fort pertinente pour illustrer nos propos.
Si un élevage épand l'équivalent en lisier brut de 100 Equivalent-Animaux (Porc), il rejette donc sur ses champs 100 x 30 = 3000 Equivalent-habitants par jour.
Si cet élevage épand l'équivalent le lisier brut de 968 E.A, nous vous laissons sortir votre calculatrice... (Réponse: 29 040)
Concernant la commune de Lanrivoaré, effectivement, elle se situe en partie sur le bassin versant de la rivière qui se jette à Gwisselier, mais les "rejets directs d'effluents traités " se font dans l'Ildut. Seuls les assainissements individuels défectueux peuvent impacter la rivière qui se jette à Gwisselier (Landunvez).
Il faut bien sûr traiter sérieusement ce problème d'assainissements individuels défectueux mais ne mélangeons pas tout.
Il faut aussi, comme le fait remarquer l'internaute mécontent, ne pas oublier que le bassin versant de cette rivière est bordé par des champs exploités par de nombreuses exploitations. Loin de nous l'idée de n'incriminer qu'une seule exploitation. Toutefois, les seuls chiffres dont on dispose sont ceux des exploitations qui grandissent, les ICPE qui enflent et qui sont obligées, pour grandir, de rendre publics les chiffres que l'on peut commenter.
Et en se penchant sur les chiffres d'une seule exploitation, on peut comparer avec le nombre d’habitants d'une commune, d'un bassin versant ou même de toute la CCPI.
Le seul lisier brut épandu par l'exploitation en question sur les terres de Landunvez, sur les bassins versants du Foul, de la rivière du Château et de la rivière de Kersaint (Gwisselier), représente l'équivalent d'une population humaine de 29 040 habitants qui se soulageraient sur les mêmes champs de la commune. C'est une affaire de proportions, de bon sens, d'objectivité...